Skip to main content
CAN 2027, l’exil forcé d’une vingtaine de nations africaines
Entre factures d’hébergement exorbitantes, tribunes désertes et perte de sponsors locaux, la délocalisation forcée des éliminatoires devient un fardeau intenable pour les fédérations
 

(AfriquesPlus) - À l’approche du coup d’envoi des éliminatoires pour la Coupe d’Afrique des nations masculine 2027 à la fin septembre, une vingtaine de sélections continentales se retrouvent privées de leur propre public. Dans une enquête publiée le 7 septembre par le quotidien Le Monde, Alexis Billebault met en lumière la crise structurelle des infrastructures sportives qui contraint de nombreuses fédérations à délocaliser leurs rencontres à domicile dans des pays tiers, tout particulièrement au Maroc.

Le journaliste détaille le soulagement temporaire des Comores, dont le stade omnisports de Malouzini à Moroni a obtenu fin août une dérogation provisoire de la Confédération africaine de football (CAF) pour affronter la Namibie le 29 septembre.

L’enceinte de 10 700 places, suspendue dès 2022 pour des défaillances de pelouse et d’éclairage, fera l’objet d’un nouvel examen de conformité en novembre.

« Depuis fin 2023, hormis deux amicaux contre la Namibie il y a dix mois, la sélection a joué “à domicile” sur terrain neutre, en Tunisie, au Maroc et en Côte d’Ivoire », rappelle dans l’article Saïd Ali Saïd Athouman, président de la Fédération comorienne, qui dénonce de profondes disparités entre les pays suréquipés et les nations plus démunies.

Si la Guinée et le Burundi bénéficient également d’accords temporaires, d’autres sélections comme le Bénin, le Zimbabwe, la Somalie, le Lesotho, la Namibie, l’Érythrée, Madagascar ou le Soudan demeurent contraintes à l’exil.

Le Monde donne la parole aux dirigeants de République centrafricaine, dont l’équipe nationale n’a plus évolué à Bangui depuis cinq ans en attendant la livraison d’un nouveau stade financé par Pékin.

Le patron de la fédération centrafricaine, Célestin Yanindji, chiffre entre 450 000 et 500 000 euros par rassemblement les coûts logistiques assumés par l’État pour jouer à Casablanca contre la Mauritanie et le Burkina Faso.

Le responsable déplore la perte des recettes de billetterie, l’absence des sponsors locaux et le vide des tribunes en terre étrangère.

Même désillusion pour Madagascar, dont le stade Barea de 40 000 places à Antananarivo, pourtant inauguré en 2021 pour 77 millions d’euros, reste non homologué.

Le milieu de terrain malgache Clément Couturier confie sa frustration d’évoluer devant une centaine de spectateurs au Maroc alors que l’équipe bénéficie d’une ferveur populaire immense à domicile.

Plusieurs responsables sportifs fustigent des exigences de la CAF jugées plus pointilleuses que celles de la FIFA, tandis que l’instance africaine n’a pas donné suite aux sollicitations du journal

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
976
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3