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Centrafrique : le passeport de Dologuélé au cœur d’un nouveau bras de fer
Le refus de délivrer un passeport à Anicet-Georges Dologuélé relance le débat sur sa nationalité centrafricaine. Un responsable du pouvoir estime qu’il doit demander sa réintégration, une position vivement contestée par ses soutiens.
 

(Afriquesplus) - Le bras de fer autour de la nationalité et du passeport d’Anicet-Georges Dologuélé se poursuit en République centrafricaine. L’ancien Premier ministre et figure de l’opposition se voit toujours privé de passeport, alors que la question de sa nationalité centrafricaine continue de susciter une controverse politique et juridique.

Dans un article publié le 10 septembre, Corbeau News Centrafrique rapporte une déclaration de Jean Symphorien Mapenzi, premier vice-président de l’Assemblée nationale. Selon ce dernier, le seul moyen pour Dologuélé d’obtenir un passeport serait de présenter une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine. Une position que le média conteste vivement.

Cette affaire trouve son origine dans la situation particulière de Dologuélé, qui avait renoncé à sa nationalité française avant la présidentielle de 2025 afin de satisfaire à l’exigence de nationalité unique prévue par la Constitution centrafricaine. Les autorités centrafricaines ont ensuite considéré qu’il avait perdu sa nationalité centrafricaine lors de l’acquisition de la nationalité française. Le Tribunal de grande instance de Bangui avait notamment annulé son certificat de nationalité délivré en 2012.

Le dossier a toutefois connu un nouveau développement avec la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025. Selon les éléments rapportés par Corbeau News, cette décision a reconnu que la nationalité centrafricaine de Dologuélé n’avait pas été légalement perdue, en l’absence notamment d’un décret constatant cette perte.

Malgré cette décision, le différend administratif n’est pas clos. Dologuélé affirme avoir rencontré des difficultés pour faire enregistrer sa demande de passeport. Selon Corbeau News, une nouvelle demande déposée auprès des services compétents aurait été refusée sur instructions de la hiérarchie.

La question du passeport prend ainsi une dimension politique plus large. Ancien Premier ministre, député et candidat à la présidentielle de 2025, Dologuélé demeure l’une des principales figures de l’opposition au président Faustin-Archange Touadéra. La controverse sur son document de voyage intervient donc dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions autour de sa nationalité et de son statut politique.

Dans son article, Corbeau News estime que la demande de réintégration évoquée par Jean Symphorien Mapenzi reviendrait à reconnaître implicitement que Dologuélé aurait perdu sa nationalité centrafricaine, alors que cette question fait précisément l’objet du contentieux juridique. Le média y voit une nouvelle tentative de maintenir l’opposant dans une situation administrative incertaine.

Au-delà du cas personnel de Dologuélé, cette affaire pose donc une question importante sur le rapport entre nationalité, droits civiques et exercice de l’opposition en République centrafricaine. Le refus ou l’octroi d’un passeport, normalement considéré comme une démarche administrative, se retrouve ainsi au centre d’un conflit politique et juridique qui n’est toujours pas définitivement tranché.

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