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Le crédit privé poursuit sa percée en Afrique, selon Moody's
Les actifs sous gestion de ce secteur encore restreint sont passés de 1,8 milliard de dollars en 2020 à 5,6 milliards fin 2025
 

(AfriquesPlus) - Encore marginal à l'échelle mondiale, le marché africain du crédit privé continue pourtant de croître à un rythme soutenu, porté par des entreprises et des projets d'infrastructures en quête d'alternatives au financement bancaire classique. C'est ce que révèle l'agence de notation Moody's dans un rapport publié mardi et relayé par Reuters.

Les actifs sous gestion de ce secteur encore restreint sont passés de 1,8 milliard de dollars en 2020 à 5,6 milliards fin 2025, précise Reuters en citant le rapport de Moody's. Une progression que l'agence attribue au déficit persistant de financement du continent, à des marchés de capitaux peu développés, et aux limites — de capacité comme de volonté — des banques à accorder des financements de long terme, notamment aux infrastructures, aux PME et aux petites entreprises.

Malgré cette croissance rapide, l'Afrique ne représente que 0,3% du marché mondial du crédit privé, évalué à au moins 1 800 milliards de dollars, selon les chiffres cités par Reuters. Les institutions de financement du développement devraient rester, selon Moody's, la principale source de fonds du secteur sur le continent, avec un rôle clé dans la mobilisation de capitaux internationaux via des montages de financement mixte ou à rehaussement de crédit. Des dispositifs susceptibles de soutenir des tranches de prêts seniors bien notées et d'élargir l'intérêt des investisseurs institutionnels, fonds de pension et assureurs en tête.

L'agence de notation estime toutefois que le crédit privé ne deviendra pas un concurrent majeur des banques africaines, les fonds prêtant souvent par leur intermédiaire ou en cofinancement, en particulier pour les infrastructures, où les besoins restent considérables. Pour atteindre une échelle significative, le secteur devra afficher des rendements capables de rivaliser avec d'autres marchés, alors que les investisseurs restent prudents face au risque des marchés frontières et aux performances historiques inégales des fonds d'investissement privé dédiés à l'Afrique, rapporte Reuters. Le rapport relève enfin que la capitalisation boursière du continent ne représentait qu'environ 33% du PIB en 2024, loin des moyennes des marchés émergents (61%) et mondiale (113%).

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