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Nucléaire : le Togo veut faire de Lomé un laboratoire des projets africains
Le Togo veut profiter du regain d’intérêt pour le nucléaire civil en Afrique pour transformer les ambitions du continent en projets concrets. Lomé accueillera en juin 2027 un sommet consacré à l’innovation nucléaire africaine.
 

(Afriquesplus) - Le Togo entend jouer un rôle croissant dans le développement du nucléaire civil en Afrique. Alors que plusieurs pays du continent étudient ou développent des programmes nucléaires, Lomé souhaite contribuer à transformer ces ambitions en projets concrets, notamment en facilitant les échanges entre gouvernements, investisseurs, industriels et institutions financières.

Selon Togo First, cette ambition a été mise en avant lors du World Nuclear Symposium, organisé à Londres autour du thème « From Ambition to Action ». Les discussions ont notamment porté sur le financement des futurs projets nucléaires africains, considéré comme l’un des principaux obstacles à leur concrétisation.

Le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, estime que l’Afrique ne manque désormais plus d’ambition nucléaire, mais de capitaux. Il plaide ainsi pour une implication accrue des banques multilatérales, des fonds souverains et des investisseurs privés afin d’accompagner la maturation des projets.

Le continent connaît en effet un intérêt croissant pour l’énergie nucléaire. Plusieurs pays, dont le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda, l’Ouganda, la Zambie et la Tanzanie, envisagent différentes formes de programmes nucléaires. L’Afrique du Sud reste pour l’heure le seul pays africain à exploiter des réacteurs nucléaires commerciaux, tandis que l’Égypte construit sa première centrale à El-Dabaa.

Pour le Togo, cette dynamique représente également une opportunité de renforcer ses propres capacités. Le pays, membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique depuis 2012, a créé en 2025 un Commissariat à l’énergie atomique chargé notamment de coordonner les programmes liés aux applications nucléaires.

Lomé a également obtenu un siège au Conseil des gouverneurs de l’AIEA pour la période 2025-2027 et a conclu avec l’agence un cadre de programmation couvrant 2026-2031. Celui-ci concerne notamment l’énergie, la santé, l’agriculture et la sécurité alimentaire, selon Togo First.

Le prochain rendez-vous majeur sera le Nuclear Energy Innovation Summit for Africa, prévu à Lomé du 1er au 3 juin 2027. Le Togo souhaite en faire davantage qu’un simple forum. L’objectif affiché est de réunir les différents acteurs afin de faire émerger des projets nucléaires africains susceptibles d’être financés et développés.

Derrière cette initiative se pose une question plus large : quelle place l’énergie nucléaire occupera-t-elle dans le futur mix énergétique africain ? Pour les promoteurs de cette technologie, elle pourrait contribuer à répondre à la croissance de la demande d’électricité et aux besoins d’industrialisation du continent.

Mais son développement nécessitera aussi des investissements importants dans la formation, la sûreté nucléaire, les infrastructures et la gestion des déchets radioactifs. C’est sur l’ensemble de ces enjeux que Lomé entend désormais positionner le débat africain, avec l’ambition de passer des déclarations d’intention à des projets réellement opérationnels.

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