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RDC : face à Ebola, le PAM alerte sur l’urgence de la faim en Ituri
La République démocratique du Congo doit faire face à un double défi dans l’est du pays : endiguer la propagation du virus Ebola tout en répondant aux besoins alimentaires croissants des populations.
 

(AfriquesPlus) - Dans l’est de la République démocratique du Congo, la lutte contre Ebola se déroule sur fond d’une grave crise alimentaire. Le Programme alimentaire mondial (PAM) appelle à une réponse humanitaire globale en Ituri, où plus de 500 000 personnes sont confrontées à une situation d’insécurité alimentaire d’urgence. Pour l’organisation, répondre à l’épidémie sans s’attaquer à la faim et aux déplacements de populations risque de fragiliser les efforts sanitaires.

La République démocratique du Congo doit faire face à un double défi dans l’est du pays : endiguer la propagation du virus Ebola tout en répondant aux besoins alimentaires croissants des populations.

En Ituri, province déjà profondément affectée par les violences, les déplacements de population et la fragilité des infrastructures, le PAM alerte sur la situation de centaines de milliers de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.

Selon David Stevenson, directeur du PAM en RDC, la réponse à l’épidémie ne peut pas être limitée au seul volet médical. Les conditions de vie des populations jouent également un rôle déterminant dans leur capacité à appliquer les mesures de prévention et à accéder aux soins.

 La faim complique la lutte contre Ebola

Pour le responsable du PAM, une famille qui peine à se nourrir peut difficilement respecter certaines recommandations sanitaires lorsqu'elles impliquent de modifier ses habitudes, de limiter ses déplacements ou de rester isolée.

La sécurité alimentaire devient ainsi un élément de la réponse sanitaire.

Dans les zones touchées, les populations doivent parfois choisir entre respecter certaines mesures de précaution et chercher de quoi nourrir leur famille. Une situation qui peut compliquer les efforts destinés à limiter les chaînes de transmission.

Cette vulnérabilité est renforcée par les déplacements provoqués par les violences et par les difficultés d'accès aux services essentiels.

 Le PAM mobilisé sur plusieurs fronts

L'organisation participe déjà à la réponse à l'épidémie.

Son intervention comprend notamment un soutien logistique, l'organisation de vols humanitaires et la distribution de repas chauds dans les centres de traitement.

Le PAM contribue également à la construction de nouvelles infrastructures destinées à accueillir les personnes prises en charge, dans un environnement où les conditions d'accès demeurent particulièrement difficiles.

Dans plusieurs secteurs de l'Ituri, l'état des routes complique en effet considérablement l'acheminement du personnel, du matériel médical et de l'aide humanitaire.

 Les zones rurales particulièrement difficiles d'accès

L'un des principaux défis reste l'accès aux populations vivant dans les zones rurales et isolées.

Lorsque les routes sont impraticables ou dangereuses, les moyens logistiques classiques ne suffisent plus. L'acheminement de vivres et de matériel nécessite alors des moyens supplémentaires, notamment des capacités aériennes et des ressources financières importantes.

Le PAM appelle donc les partenaires internationaux à mobiliser davantage de ressources afin de maintenir les opérations et d'étendre l'aide aux communautés les plus difficiles à atteindre.

 Une crise qui dépasse Ebola

La situation en Ituri rappelle surtout que l'épidémie intervient dans une région confrontée depuis longtemps à des crises multiples.

Les violences armées, les déplacements de population, l'insécurité alimentaire et les faiblesses des infrastructures sanitaires se renforcent mutuellement. Une réponse exclusivement centrée sur Ebola risquerait ainsi de laisser de côté des facteurs qui influencent directement la vulnérabilité des populations.

Pour les organisations humanitaires, l'urgence consiste donc à articuler réponse sanitaire, aide alimentaire, soutien logistique et protection des populations.

En Ituri, la lutte contre Ebola ne se gagnera pas uniquement dans les centres de traitement. Elle dépendra aussi de la capacité à atteindre les communautés isolées, à leur garantir un minimum de sécurité alimentaire et à leur permettre d'appliquer les mesures sanitaires sans avoir à choisir entre se protéger du virus et nourrir leur famille.

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