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Al-Qaïda en perte de vitesse partout, sauf en Afrique
Territoires administrés, financement autonome, allégeance en question... Le Monde dresse le portrait de filiales devenues plus puissantes que la maison mère
 

(AfriquesPlus) - Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, Al-Qaïda a quasiment disparu de ses anciens bastions du Levant, du Golfe et d'Afghanistan, mais s'est au contraire enraciné en Afrique, où l'organisation n'a jamais été aussi riche ni aussi puissante, selon un article de Benjamin Roger et Noé Hochet-Bodin publié le 11 septembre 2026 dans Le Monde. 

Ce sont désormais ses filiales sahélienne et somalienne, le Groupe de soutien de l'islam et des musulmans (GSIM) et les Chabab, qui portent l'essentiel de la force de frappe et des revenus de la nébuleuse, selon un chercheur du Royal United Services Institute cité par le journal.

Le Monde souligne que ces groupes sont les seuls à administrer véritablement des territoires. Le GSIM, fort de plusieurs milliers de combattants d'après un rapport de l'ONU, encercle Bamako et étend son emprise jusqu'au Burkina Faso, tandis que les Chabab contrôlent des pans entiers du centre et du sud de la Somalie. Les deux groupes se financent par l'impôt religieux, divers trafics et des rançons parfois considérables, une partie de ces fonds remontant occasionnellement, selon l'ONU, jusqu'à la structure centrale d'Al-Qaïda.

L'article insiste sur le caractère désormais très local de ces combats : ni le GSIM ni les Chabab ne visent l'Europe ou les États-Unis, et leur allégeance à Al-Qaïda relève, selon un chercheur du Geneva Graduate Institute interrogé par Le Monde, davantage de la solidarité que d'un véritable lien hiérarchique. Le journal évoque même une possible rupture d'allégeance, les deux groupes ayant chacun renforcé leur autonomie en 2025 et 2026, sans que cette hypothèse soit jugée acquise par les experts, qui rappellent le risque, pour leurs chefs, de perdre en autorité ou de voir des combattants basculer vers l'État islamique, rival direct sur les mêmes terrains.

Le Monde relève enfin l'inquiétude des services de renseignement occidentaux face à cette implantation croissante sur le continent, et souligne l'ironie de la situation malienne : treize ans après une intervention française qui avait stoppé une offensive djihadiste comparable, Paris, désormais écarté du pays au profit de forces russes, n'est plus en mesure d'agir alors que le GSIM menace à nouveau la capitale.

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