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Fouzi Lekjaa, l'homme qui a récupéré la CAN 2025 pour le Maroc
Après avoir propulsé son pays en demi-finale de la Coupe du monde et obtenu l'organisation de l'édition 2030, le patron du foot marocain ajoute un nouveau miracle administratif à son palmarès
 

(SenePlus) - Le patron du football marocain savoure sa revanche, mais à quel prix ? Dans un article publié dans Le Monde, le journaliste Alexandre Aublanc analyse les coulisses politiques et diplomatiques du récent sacre du Maroc, déclaré vainqueur de la CAN 2025 sur tapis vert au détriment du Sénégal. Ce "coup de Trafalgar", acté le mardi 17 mars par la Confédération africaine de football (CAF), offre une seconde étoile historique aux Lions de l'Atlas, effaçant l'amertume d'une finale initialement perdue à domicile.

Au cœur de ce succès administratif se trouve Fouzi Lekjaa. Président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) depuis 2014, cet ancien ministre du budget au parcours météorique s'est imposé comme un acteur incontournable du royaume. Proche des cercles du pouvoir et du roi Mohammed VI qui lui accorde sa "confiance", l'homme de 56 ans a su utiliser le football comme "nouvel instrument de la politique extérieure du royaume", souligne Le Monde. Son influence est telle qu'il est aujourd'hui régulièrement cité parmi les "probables successeurs" de l'actuel chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, dans la perspective de l'organisation du Mondial 2030.

Toutefois, cette victoire administrative n'est pas sans zones d'ombre. La foudroyante ascension de Fouzi Lekjaa au sein de la CAF (dont il est le premier vice-président depuis avril 2025) et ses liens privilégiés avec Patrice Motsepe ou Gianni Infantino "alimentent les soupçons de collusion". Le quotidien français rappelle également que la gestion de la FRMF soulève des critiques récurrentes au Maroc concernant son "manque de transparence", notamment sur "son budget et sur ses sources de revenus", ou lors des affaires de revente de billets au noir jamais élucidées.

Sur le plan diplomatique, les conséquences de ce sacre sont lourdes. Cette décision exceptionnelle "fracture à présent la relation bilatérale avec Dakar", qui a fermement réclamé "l'ouverture d'une enquête pour « soupçons de corruption »". Alors que le roi Mohammed VI appelait en janvier à "ne pas se laisser entraîner dans la rancœur contre les Sénégalais", l'intransigeance de Fouzi Lekjaa, qui a salué de son côté le "respect des règles", pourrait bien se transformer en véritable "victoire à la Pyrrhus" pour la diplomatie marocaine.

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