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Abidjan ouvre le débat sur liberté et développement en Afrique
Chercheurs, responsables politiques, universitaires, étudiants et représentants de la société civile ont débattu du rapport entre libertés politiques, libertés économiques, gouvernance et prospérité
 

(AfriquesPlus) - La liberté peut-elle constituer un moteur du développement africain ? C’est autour de cette question que se sont tenues, le 3 septembre à Cocody-Riviera 4, les premières Rencontres africaines de la liberté, organisées par Audace Institut Afrique avec le soutien d’Atlas Network, de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté et du Centre de recherche et d’action pour la paix (CERAP).

Chercheurs, responsables politiques, universitaires, étudiants et représentants de la société civile ont débattu du rapport entre libertés politiques, libertés économiques, gouvernance et prospérité. L’objectif affiché par les organisateurs est de sortir d’une conception purement idéologique de la liberté et de l’examiner à partir des réalités sociales et culturelles africaines.

Invité d’honneur, Sidi Tiémoko Touré, ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques et vice-président de l’Internationale libérale, a défendu l’idée que la liberté ne serait pas une valeur importée. Il s’est appuyé sur certaines pratiques communautaires africaines, notamment les tontines, pour illustrer l’existence de mécanismes fondés sur la confiance, la responsabilité et l’autonomie économique.

Son argumentaire repose sur un lien étroit entre liberté politique et liberté économique. Selon lui, le développement durable suppose de permettre aux citoyens, et particulièrement aux jeunes, d’entreprendre, d’innover, de s’exprimer et de participer à la vie publique. Il a également mis en garde contre les régimes qui privilégient l’ordre au détriment des libertés, dans un contexte africain marqué par la multiplication des restrictions politiques et certaines transitions militaires prolongées.

La jeunesse constitue l’un des principaux enjeux de cette réflexion. Pour les intervenants, le potentiel démographique africain ne pourra devenir un avantage économique que si les jeunes disposent d’un environnement favorable à l’initiative individuelle, à l’entrepreneuriat et à l’engagement citoyen.

Cette rencontre s’inscrit dans une stratégie plus large portée par Audace Institut et ses partenaires pour renforcer le débat autour des idées libérales en Afrique. Sidi Touré cherche notamment, depuis son élection à la vice-présidence de l’Internationale libérale, à accroître la place des voix africaines dans les réseaux libéraux internationaux.

Pour Gisèle Dutheuil, directrice d’Audace Institut Afrique, l’enjeu est aussi de déconstruire l’association systématique entre liberté, individualisme et égoïsme. Les organisateurs veulent faire d’Abidjan un espace durable de discussion sur les modèles de gouvernance, les libertés publiques et le développement du continent.

Au-delà des discours sur le libéralisme, les Rencontres posent ainsi une question politique plus large : comment concilier liberté individuelle, responsabilité collective et développement dans des sociétés africaines confrontées à la montée des restrictions politiques et aux attentes croissantes de leur jeunesse ?

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