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AES : "Ils n'ont jamais rompu avec la France, ils négocient pour son retour - Chérif Salif Sy
L’économiste sénégalais Chérif Salif Sy se montre particulièrement critique à l’égard des régimes militaires de l’AES, qu’il accuse de privilégier les discours aux résultats concrets. Il dénonce une absence de véritable stratégie de développement
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=L69gOeMP8RY

L’économiste sénégalais Chérif Salif Sy porte un regard particulièrement sévère sur la trajectoire prise par l’Alliance des États du Sahel (AES) depuis les coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Pour lui, les dirigeants militaires parlent beaucoup mais peinent à produire des résultats concrets, alors que les populations restent confrontées à de graves difficultés.

Interrogé récemment lors d’une édition spéciale des « Samedis de l’économie », consacrée à l’économiste égypto-français Samir Amin, Chérif Salif Sy s’est montré très critique à l’égard de la gestion des régimes militaires au Sahel.

L’économiste estime notamment que la situation demeure préoccupante au Mali, où « la population est en détresse ». Selon lui, après avoir cherché à capitaliser sur la colère de la jeunesse contre les anciens systèmes politiques, les militaires au pouvoir peinent désormais à apporter des réponses concrètes aux attentes des populations.

Pour Chérif Salif Sy, les autorités de transition du Mali, du Burkina Faso et du Niger « parlent beaucoup » mais produisent peu de résultats dans la gestion de leurs États. Il leur reproche un manque de circonspection et dénonce ce qu’il qualifie de « bavardage ».

L’économiste sénégalais remet également en question le discours de rupture avec la France porté par les dirigeants de l’AES. « Ils n’ont jamais rompu avec la France », affirme-t-il, estimant qu’ils « continuent de la fréquenter ». Il va plus loin en soutenant qu’ils seraient « en train de négocier pour le retour de la France ».

Chérif Salif Sy pointe par ailleurs ce qu’il considère comme une contradiction dans la politique des pays de l’AES : ces derniers affirment ne plus vouloir de la France tout en continuant à évoluer dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Sur le plan économique et social, l’économiste déplore enfin l’absence, selon lui, d’une véritable politique de développement structurée dans les pays de l’AES. Il évoque plutôt « quelques actions isolées ici et là », sans véritable stratégie globale permettant de répondre durablement aux attentes des populations

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