(AfriquesPlus) - Soupçonnés d’avoir escroqué plus de 100 victimes américaines dans le cadre d’une vaste fraude sentimentale en ligne, six ressortissants nigérians seront extradés vendredi d’Afrique du Sud vers les États-Unis. Accusés d’être liés au réseau criminel Black Axe, ils sont notamment poursuivis pour fraude électronique et blanchiment d’argent.
L’affaire illustre une nouvelle fois l’ampleur prise par la cybercriminalité transnationale et la coopération croissante entre les services de sécurité pour démanteler les réseaux opérant au-delà des frontières.
Les six suspects, arrêtés en Afrique du Sud en 2021 lors d’une vaste opération policière, doivent être remis vendredi aux autorités américaines. Selon les Hawks, l’unité d’élite de la police sud-africaine, ils seront transférés à des représentants du FBI et des services secrets américains à l’aéroport international du Cap.
Plus de six millions de dollars extorqués
Les six Nigérians sont soupçonnés d’avoir participé à une importante opération d’escroquerie sentimentale visant principalement des victimes aux États-Unis.
D’après les enquêteurs, plus d’une centaine de femmes américaines auraient été ciblées. Les suspects auraient réussi à leur soutirer plus de 100 millions de rands, soit environ 6,2 millions de dollars, en utilisant de fausses identités et des relations sentimentales fictives établies sur Internet.
Les victimes présumées comprenaient notamment des retraités et des chefs d’entreprise, considérés comme des cibles privilégiées par les escrocs.
La porte-parole des Hawks, la colonelle Katlego Mogale, explique que les suspects auraient recours à des techniques sophistiquées pour gagner progressivement la confiance de leurs victimes avant de leur demander de l’argent.
Une escroquerie fondée sur la confiance
Les arnaques sentimentales en ligne, également connues sous le nom de romance scams, constituent aujourd’hui l’une des formes les plus répandues de fraude numérique.
Le procédé est généralement bien rodé. Les criminels créent de faux profils sur les réseaux sociaux ou les plateformes de rencontres, nouent progressivement une relation affective avec leurs victimes, puis inventent différentes situations d’urgence afin de les convaincre d'effectuer des transferts d'argent.
Dans certains cas, les victimes peuvent entretenir pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, une relation virtuelle avec une personne dont l'identité est entièrement fictive.
Une opération au-delà des frontières
L’extradition des six suspects vers les États-Unis témoigne également de la dimension internationale de l’enquête. Arrêtés en Afrique du Sud alors qu’ils sont recherchés par la justice américaine, ils devront désormais répondre des accusations portées contre eux devant les tribunaux américains.
Les autorités sud-africaines et américaines renforcent ainsi leur coopération dans la lutte contre les réseaux criminels qui utilisent Internet pour commettre des fraudes à grande échelle.
L’affaire met également en lumière les activités attribuées à Black Axe, réseau criminel nigérian régulièrement cité par les services de sécurité de plusieurs pays dans des dossiers liés à la fraude, au blanchiment d’argent et à la criminalité organisée.
Le précédent « Hushpuppi »
Cette affaire rappelle celle de Ramon Abbas, alias « Hushpuppi », un influenceur nigérian très présent sur Instagram et devenu l’un des visages les plus connus de la cybercriminalité nigériane.
Arrêté à Dubaï puis extradé vers les États-Unis, il a été condamné en 2022 à plus de onze ans de prison pour son implication dans un vaste réseau international de fraude et de blanchiment d’argent.
L’extradition des six suspects marque donc une nouvelle étape dans la lutte contre les réseaux de fraude en ligne. Elle rappelle surtout que, dans un monde où les escroqueries peuvent être organisées depuis un pays, cibler des victimes dans un autre et déplacer les fonds à travers plusieurs juridictions, la coopération internationale est devenue indispensable.