(AfriquesPlus) - Le secteur agricole nigérian accélère nettement, porté notamment par l’élevage et la foresterie, mais cette embellie reste fragilisée par les enlèvements, les déplacements de populations et les perturbations des activités agricoles dans plusieurs régions.
Selon un article de BusinessDay publié le 31 août 2026 et signé Josephine Okojie-Okeiyi, la croissance du secteur agricole a atteint 4,39 % sur un an au deuxième trimestre 2026, contre 2,82 % à la même période en 2025. Cette progression de 1,57 point fait de l’agriculture l’un des principaux moteurs de la croissance du PIB nigérian sur la période.
Sur une base trimestrielle, le secteur est également passé de 3,15 % au premier trimestre à 4,39 % au deuxième trimestre. L’agriculture a ainsi représenté 26,2 % du PIB au deuxième trimestre, derrière les services, qui comptaient pour 56,6 %.
L’élevage constitue l’un des principaux moteurs de cette dynamique. Sa croissance est passée de 1,64 % au deuxième trimestre 2025 à 6,92 % un an plus tard, soit une progression de plus de cinq points. La foresterie a également progressé de 3,22 %, tandis que la production végétale a bénéficié d’une hausse des prix alimentaires ayant encouragé les plantations.
Cette performance intervient toutefois dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile. Les attaques, les enlèvements et les déplacements de populations dans le Middle Belt et le nord-ouest du Nigeria ont réduit les superficies cultivées, augmenté les coûts de transport et contraint certains agriculteurs à abandonner leurs terres.
BusinessDay cite à ce propos un récent rapport de SBM Intelligence, selon lequel 7 825 personnes ont été enlevées dans 1 713 incidents liés aux kidnappings à travers le Nigeria entre juillet 2025 et juin 2026. Au moins 1 142 personnes ont également été tuées durant cette période.
Malgré ces contraintes, les réformes engagées dans l’élevage semblent commencer à produire des effets. La création du ministère fédéral du Développement de l’élevage s’accompagne notamment de projets pilotes de ranching et de production de fourrage destinés à réduire les conflits entre agriculteurs et éleveurs et à améliorer la productivité.
Pour les acteurs du secteur, l’élevage pourrait rester le segment agricole connaissant la croissance la plus rapide, à condition que les problèmes de sécurité et d’infrastructures soient résolus et que les réformes puissent être étendues au-delà des États pilotes.