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Au-delà des cartes, appel à une véritable renaissance de l'Afrique
Corriger l’image de l’Afrique ne suffira pas à transformer son destin. Kayode Ajulo appelle à dépasser les symboles pour s’attaquer aux inégalités, renforcer les opportunités et faire du potentiel du continent un véritable progrès pour ses populations.
 

(AfriquesPlus) - La réforme de la représentation de l’Afrique dans le monde ne saurait se limiter à une question de cartes et de projections géographiques. Pour Kayode Ajulo, procureur général et commissaire à la Justice de l’État d’Ondo, la véritable renaissance du continent doit se mesurer à l’amélioration des conditions de vie de ses populations.

Dans une contribution publiée le 10 septembre 2026 par The Guardian Nigeria, Ajulo estime que l’évolution récente vers une représentation plus équitable du monde sur les cartes constitue une avancée symbolique, mais qu’elle doit désormais être accompagnée de transformations concrètes en Afrique.

Selon lui, la question dépasse largement les techniques de cartographie. Pendant des siècles, souligne-t-il, l’Afrique a été représentée et interprétée à travers des cadres largement conçus ailleurs. La projection de Mercator, développée au XVIe siècle principalement pour la navigation, en est une illustration, avec les distorsions visuelles qu’elle produit lorsqu’elle sert à représenter les superficies relatives des continents.

Ajulo déplore également que l’image internationale de l’Afrique reste souvent associée à un vocabulaire dominé par les crises, la pauvreté, les conflits, les maladies, la corruption et l’aide humanitaire. Il oppose à cette représentation réductrice une Afrique portée par sa jeunesse, sa diversité culturelle, ses ressources naturelles, son dynamisme entrepreneurial et son poids démographique croissant.

Pour lui, cette évolution de regard doit toutefois s’accompagner d’une remise en question des relations entre l’Afrique et le reste du monde. Le continent ne doit plus être considéré principalement comme un bénéficiaire de l’aide internationale, mais comme un partenaire à part entière dans la définition de l’ordre mondial.

Cette exigence passe notamment, selon Ajulo, par une voix africaine plus forte dans les institutions qui régissent les finances internationales, le commerce, les technologies, les politiques climatiques et la sécurité. Mais il estime que la responsabilité ne revient pas uniquement aux partenaires internationaux.

L’Afrique doit également, à ses yeux, assumer sa propre part de responsabilité en s’attaquant aux inégalités et aux défaillances qui empêchent une partie de sa population de bénéficier de son potentiel. L’égalité, soutient-il, ne signifie pas que tous doivent disposer des mêmes richesses ou parvenir aux mêmes résultats, mais que la dignité humaine ne doit pas dépendre du lieu de naissance, du genre, de la classe sociale, de la nationalité ou de la proximité avec le pouvoir.

Cette vision se traduit par des priorités concrètes. Ajulo estime notamment qu’un enfant né dans l’État d’Ondo doit pouvoir accéder à une éducation capable de rivaliser avec les meilleurs standards internationaux. Les agriculteurs doivent pouvoir bénéficier de financements, de technologies et de débouchés, tandis que les entrepreneurs ne devraient pas être contraints de disposer de relations politiques pour accéder au capital.

Le responsable nigérian plaide également pour des conditions permettant aux scientifiques africains de mener leurs recherches sur le continent et pour que les jeunes puissent envisager leur avenir dans leur propre pays sans considérer l’émigration comme l’unique voie vers la réussite.

Dans cette perspective, Ajulo considère que la véritable correction à apporter à l’image de l’Afrique ne consiste pas seulement à la représenter à une échelle plus juste. Elle doit surtout permettre de construire un continent où la dignité est accessible à tous, où les opportunités ne sont pas héritées et où le potentiel d’un individu n’est pas déterminé par son lieu de naissance.

Pour lui, le monde doit davantage de justice à l’Afrique, tandis que le continent doit à sa jeunesse davantage d’excellence. C’est, selon son analyse, de la rencontre entre ces deux responsabilités que pourra émerger une renaissance africaine qui ne soit pas seulement symbolique, mais perceptible dans la vie quotidienne des populations.

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