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Botswana : un syndicat soupçonne un favoritisme politique dans le recrutement public
Le Manual Workers Union conteste la centralisation du recrutement de 367 jardiniers et agents d’entretien et soupçonne une volonté de favoriser des militants de l’UDC, au pouvoir.
 

(Afriquesplus) - Une polémique sur le recrutement dans la fonction publique prend de l’ampleur au Botswana. Le Manual Workers Union accuse la Direction de la gestion de la fonction publique (DPSM) d’avoir centralisé le recrutement de 367 jardiniers et agents d’entretien, une décision que le syndicat soupçonne d’être liée à des considérations politiques.

Selon le Botswana Gazette, le syndicat estime que cette centralisation pourrait notamment permettre de favoriser des militants de l’Umbrella for Democratic Change (UDC), la coalition arrivée au pouvoir à l’issue des élections générales de 2024.

Le secrétaire général adjoint du Manual Workers Union, Robert Rabasimane, a remis en cause le choix de la DPSM de reprendre au niveau central le recrutement des postes de catégorie A3. Il rappelle que, dans le cadre de la politique de décentralisation, ce type de recrutement était auparavant confié aux districts.

Pour le syndicat, le maintien de cette compétence au niveau local répond à une logique sociale. Les emplois concernés étant relativement faiblement rémunérés, recruter dans les communautés locales permettrait aux travailleurs d’éviter des dépenses supplémentaires liées au logement et au transport lorsqu’ils doivent s’installer loin de leur lieu d’origine.

La controverse intervient alors que la DPSM a publié des offres portant sur 74 postes de jardiniers et 293 postes d’agents d’entretien, soit un total de 367 emplois. Le Manual Workers Union demande que le recrutement soit à nouveau confié aux districts, conformément à ce qu’il présente comme la politique de décentralisation du gouvernement.

Robert Rabasimane affirme que le syndicat a reçu des informations selon lesquelles ces postes pourraient servir à récompenser des militants de l’UDC ayant participé à la campagne électorale de 2024. Cette accusation reste toutefois non étayée publiquement. Le Botswana Gazette souligne que la DPSM n’a pas apporté de réponse à cette allégation au moment de la publication de l’article. Les tentatives du journal pour joindre sa directrice, Gaone Macholo, n’ont pas abouti.

Le syndicat estime néanmoins que la situation devrait être corrigée si la centralisation du recrutement résulte d’une erreur administrative. Il appelle donc les autorités à rétablir les prérogatives des districts et à respecter le principe de décentralisation, présenté comme un moyen de renforcer l’accès des communautés locales aux emplois publics.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement dirigé par le président Duma Boko et les organisations syndicales. Le débat dépasse ainsi la seule question de ces 367 postes : il renvoie plus largement à la transparence du recrutement dans la fonction publique et aux garanties d’égalité d’accès aux emplois publics.

Pour l’heure, aucune preuve publique ne permet de confirmer l’existence d’un système de favoritisme politique dans cette procédure. L’enjeu sera donc de déterminer si la centralisation décidée par la DPSM répond à une justification administrative claire ou si, comme le soupçonne le syndicat, elle constitue une rupture avec la politique de recrutement décentralisé jusque-là appliquée.

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