(AfriquesPlus) - Le gouvernement zambien monte au créneau contre un rapporteur spécial des Nations unies, accusé d’avoir présenté comme établis des faits encore contestés et commis une erreur sur le droit pénal du pays. La controverse intervient après l’élection générale et les poursuites engagées contre plusieurs figures de l’opposition.
Dans un article publié jeudi 3 septembre 2026, le Lusaka Times, sous la signature de Lusaka Times Editor, rapporte la réponse du ministère zambien des Affaires étrangères à une déclaration publiée la veille par le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association.
Lusaka rejette notamment les termes de « détenus politiques » et de « répression post-électorale » utilisés pour qualifier la situation de responsables de l’opposition poursuivis par la justice. Pour les autorités, ces expressions transforment des accusations encore soumises aux tribunaux en faits établis et risquent de préjuger de l’issue des procédures.
Le gouvernement conteste surtout l’affirmation selon laquelle la trahison serait encore passible de la peine de mort en Zambie. Il rappelle que la peine capitale a été supprimée du droit pénal en 2022, puis du droit militaire en 2023. L’adhésion au deuxième protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant l’abolition de la peine de mort, est ensuite devenue effective en mars 2025.
Lusaka reproche également au rapporteur d’avoir qualifié de « fabriquées » les accusations de trahison visant des opposants. Selon le gouvernement, seul le système judiciaire est habilité à déterminer la solidité de ces charges. Les autorités estiment en outre que le rapporteur a dépassé les limites de son mandat en formulant des jugements sur plusieurs aspects de la situation politique et électorale.
Le gouvernement zambien demande ainsi au rapporteur spécial et au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme de publier une correction, notamment sur la peine de mort, et de mieux distinguer les faits établis des allégations. Lusaka assure néanmoins vouloir maintenir sa coopération avec les mécanismes onusiens, à condition que celle-ci repose, selon elle, sur l’exactitude, l’impartialité et la vérification des informations.