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Cap-Vert, faire de la diaspora un moteur de développement
Le Cap-Vert veut changer de modèle : ne plus voir sa diaspora comme une simple source de transferts, mais comme un réseau mondial capable d’investir, d’entreprendre et d’ouvrir de nouveaux marchés
 

(AfriquesPlus) - Dans une tribune publiée ce 8 septembre 2026 par A Nação, l’ancien député Estêvão Rodrigues défend une nouvelle politique économique à l’égard de la diaspora capverdienne. Selon lui, les transferts d’argent, bien qu’essentiels aux familles, ne représentent qu’une partie du potentiel des Capverdiens établis à l’étranger.

L’auteur propose de passer d’une logique centrée sur les remises financières à une stratégie mobilisant également les compétences, les entreprises, les réseaux professionnels, les technologies et les marchés auxquels la diaspora est connectée. Il estime que cette présence sur cinq continents pourrait devenir un véritable prolongement économique du Cap-Vert.

Estêvão Rodrigues appelle ainsi le gouvernement à lancer « Cabo Verde Global », un programme national destiné à soutenir l’investissement, l’entrepreneuriat, l’innovation et l’internationalisation des entreprises capverdiennes. Il suggère notamment de négocier avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque européenne d’investissement et d’autres partenaires des mécanismes de financement adaptés à la diaspora : garanties, lignes de crédit, capital d’amorçage et co-investissements.

La tribune préconise également la création d’un Fonds Cabo Verde Global, géré de manière professionnelle et transparente, pour financer des projets dans des secteurs comme les technologies, l’économie bleue, les énergies renouvelables, le tourisme, l’agriculture, les industries créatives ou encore les exportations.

L’ancien parlementaire propose par ailleurs la mise en place d’une réseau mondial d’entrepreneurs capverdiens, capable de mettre en relation investisseurs, entreprises, universités et institutions financières. Il défend aussi des obligations de la diaspora et d’autres mécanismes permettant de mobiliser directement son épargne pour financer le développement national.

Pour Rodrigues, cette politique doit dépasser le cadre d’un simple programme gouvernemental et devenir une politique d’État, fondée sur la transparence, des critères clairs et des objectifs mesurables. Il estime que les réseaux, les capitaux et les compétences existent déjà : l’enjeu est désormais de les organiser pour en faire un levier de croissance.

La tribune se conclut par un appel à changer de regard sur la diaspora : celle-ci ne devrait plus être considérée uniquement comme une source de transferts, mais comme un partenaire économique stratégique et une extension du Cap-Vert dans le monde.

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