(AfriquesPlus) - Denise Epoté a échangé avec un public largement composé de journalistes, lundi 31 août à Douala, à l’occasion de la première édition des « Rencontres avec… ». L’ancienne présentatrice et dirigeante de médias y a évoqué sa trajectoire, sa pratique de l’interview, la place des femmes dans la profession et ses nouveaux projets, selon le récit d’Annie Payep-Nlepem sur Tele’Asu.
La rencontre, organisée par l’Association pour l’équité sociale et l’entrepreneuriat culturel au féminin (AESECF) et l’agence Iyanka, a réuni des femmes de divers horizons. La journaliste Aimée Catherine Moukouri a assuré la modération de l’échange, auquel ont également pris part de nombreuses professionnelles des médias, rapporte la source.
Le chemin de Denise Epoté vers le journalisme s’est dessiné à Yaoundé. Elle a expliqué avoir présenté, sans en avertir ses parents, le concours de l’École supérieure internationale de journalisme de Yaoundé, alors connue sous le sigle ESIJY et devenue par la suite l’ESSTIC. Seule femme admise dans sa promotion, elle a fait de cette réussite un moment déterminant de son parcours, indique Tele’Asu.
À la CTV, ancienne CRTV, Denise Epoté a ensuite pris part à la présentation du premier journal télévisé camerounais. Elle a raconté avoir défendu une diffusion en direct, plutôt qu’un format enregistré initialement envisagé par la hiérarchie. L’édition s’est déroulée sans difficulté, un souvenir qu’elle garde comme une étape majeure de sa carrière.
L’expérience internationale de Denise Epoté commence à TV5 Monde en 1994. Elle y a notamment exercé dans le domaine politique et s’est imposée comme une interlocutrice de référence sur les questions africaines. « J’étais la voix de l’Afrique à TV5 ; je leur ai permis de découvrir notre continent », a-t-elle déclaré durant la rencontre, citée par Annie Payep-Nlepem.
Pour la journaliste, la légitimité ne se réclame pas : elle se construit. « Il faut s’imposer par la compétence », a-t-elle recommandé à celles qui l’écoutaient. Son message aux jeunes professionnelles repose sur la rigueur, l’information, la confiance en soi et l’apprentissage continu.
Son approche de l’interview privilégie la préparation et l’écoute. Denise Epoté estime que l’entretien journalistique ne doit pas être conçu comme un affrontement systématique. L’ancienne animatrice de l’émission Et si… vous me disiez toute la vérité affirme avoir conduit plus de 800 interviews, dont une large majorité avec des chefs d’État et des dirigeants d’entreprises, rapporte la source.
Elle a notamment évoqué un entretien avec le maréchal Mobutu, dont elle n’aurait compris l’intensité émotionnelle qu’après la chute de l’ancien président zaïrois, survenue quelques mois plus tard.
Denise Epoté a également mis à profit cette tribune pour appeler les femmes à refuser le silence face aux violences et au harcèlement. « Les femmes doivent arrêter d’être des victimes passives. Il faut dénoncer. C’est parce que c’est tu que ça tue », a-t-elle déclaré, selon le récit d’Annie Payep-Nlepem.
L’ancienne journaliste de TV5 Monde a insisté sur la nécessité de repenser l’éducation des garçons, qu’elle considère comme un levier essentiel pour prévenir ces violences. Elle a aussi livré un regard critique sur les trajectoires africaines, estimant que le continent n’est pas condamné à la fatalité et qu’il a besoin de « leaders avec plus d’ambition et de vision ».
Loin d’envisager une retraite, Denise Epoté a annoncé avoir créé une entreprise de consulting en avril 2026. Cette activité l’amène déjà à se déplacer pour proposer ses conseils et son expertise.
Elle a par ailleurs évoqué son hygiène de vie lorsqu’elle a été interrogée sur son énergie à l’approche de ses 72 ans : « Je ne fume pas, je ne bois pas d’alcool ; je mange très peu de viande rouge et j’évite les choses qui me donnent la tension. »