(AfriquesPlus) - L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo a désormais franchi le seuil dramatique des 3 000 décès. Malgré un bilan toujours très lourd et une forte progression de la maladie dans plusieurs provinces, les autorités sanitaires africaines observent néanmoins des indicateurs encourageants qui pourraient annoncer un début de stabilisation.
La République démocratique du Congo continue de payer un lourd tribut à l’épidémie d’Ebola. Selon les derniers chiffres de l’Institut national de santé publique congolais, 6 186 personnes ont été contaminées et 3 007 en sont décédées, portant le taux de létalité à plus de 48 %.
Officiellement déclarée à la mi-mai, l’épidémie s’est propagée dans 60 zones de santé réparties dans six provinces. L’Ituri demeure le principal foyer de contamination, avec 28 des 36 zones de santé touchées, confirmant son statut d’épicentre de la crise.
Des foyers qui commencent à se stabiliser
Malgré la gravité de la situation, Africa CDC relève plusieurs éléments encourageants.
Selon le professeur Yap Boum, responsable de la division de réponse aux urgences de l’agence sanitaire de l’Union africaine, la dynamique de transmission semble avoir commencé à ralentir dans plusieurs zones.
Depuis deux à trois semaines, certains centres de santé n’ont enregistré aucun nouveau cas depuis près de 21 jours. Cette situation concerne notamment Adja, Kambala, Logo et Mahagi en Ituri, ainsi que Goma et Lubero au Nord-Kivu, ou encore Lubunga dans la Tshopo.
Le Sud-Kivu, qui ne compte qu’une seule zone de santé affectée, n’a quant à lui enregistré aucun nouveau cas depuis 92 jours.
Le taux de reproduction passe sous la barre de 1
L’autre indicateur suivi avec attention est le taux de reproduction de l’épidémie, c’est-à-dire le nombre moyen de personnes qu’un malade peut contaminer.
Au début de l’épidémie, en mai, ce taux était estimé autour de quatre. Il est désormais descendu à 0,97 au niveau national.
Dans certaines zones particulièrement touchées, la baisse est encore plus significative. À Mongbwalu, présentée comme l’un des principaux épicentres, le taux de reproduction serait proche de 0,50.
Une évolution qui pourrait annoncer un changement dans la trajectoire de l’épidémie.
« L’épidémie va se stabiliser, voire commencer à diminuer », estime le professeur Yap Boum.
La prudence reste toutefois de mise
Pour autant, Africa CDC refuse de crier victoire trop tôt.
Les autorités sanitaires rappellent que le passage du pic épidémique ne peut pas encore être confirmé. La vigilance doit donc rester maximale, notamment dans les zones où la transmission demeure active.
« On ne peut pas encore dire que le pic de l’épidémie est passé. Il faut être prudent et attendre encore quelques semaines », prévient le professeur Yap Boum.
Avec plus de 3 000 morts, le bilan de cette nouvelle flambée d’Ebola en RDC reste particulièrement préoccupant. Mais la baisse progressive de la transmission dans plusieurs zones de santé apporte un motif d’espoir.
Le défi consiste désormais à consolider ces progrès, à empêcher une nouvelle propagation vers d’autres provinces et à maintenir une réponse sanitaire suffisamment forte jusqu’à l’extinction complète de l’épidémie.
Pour la RDC, où Ebola a déjà laissé de profondes blessures au fil des précédentes épidémies, les prochaines semaines seront donc décisives : transformer le ralentissement observé en une véritable victoire contre le virus.