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Gambie, les manifestations s’intensifient face aux délestages
Trois nuits de manifestations, un commissariat incendié et des appels à la démission du pouvoir : la crise de l’électricité fait désormais descendre la colère gambienne dans les rues.
 

(AfriquesPlus) - La colère monte en Gambie après plusieurs mois de coupures d’électricité qui perturbent les activités économiques et la vie quotidienne. Pour la troisième nuit consécutive, des manifestations ont éclaté mercredi dans plusieurs localités urbaines et périurbaines, avec l’incendie d’un commissariat à Tujereng et des appels à la démission du gouvernement.

Dans une dépêche publiée le 10 septembre 2026, l’Agence de presse africaine (APAnews) rapporte que les manifestations contre les délestages prolongés ont dégénéré mercredi soir dans plusieurs zones urbaines du pays. À Tujereng, des jeunes protestataires ont incendié un commissariat de police, tandis que des manifestants réclamaient également la démission du gouvernement.

Des rassemblements avaient déjà eu lieu lundi et mardi soir dans plusieurs quartiers. À Bakau, des protestataires ont défilé avec des bougies allumées, scandant des slogans hostiles au pouvoir et réclamant la démission du président Adama Barrow.

La contestation s’est également étendue à Brufut, Ebo Town, Tallinding, Sukuta et d’autres localités périurbaines. Les manifestants réclament notamment des sanctions contre des responsables de la Compagnie nationale de l’eau et de l’électricité (Nawec), qu’ils accusent de mauvaise gestion et de manque de supervision face à la crise énergétique.

Les coupures d’électricité se sont aggravées depuis plusieurs mois, avec une nette détérioration signalée à partir de juin. Dans certaines zones urbaines, les interruptions auraient atteint 72 heures, affectant aussi bien les ménages que les entreprises.

La crise intervient alors que la Gambie reste dépendante, pour une partie de son approvisionnement électrique, de sources extérieures, notamment du Sénégal et de la Guinée. Le gouvernement gambien présente également le déficit énergétique comme lié à une crise régionale plus large.

Mardi, le président Adama Barrow s’est engagé à résoudre la crise d’ici octobre. Il a reconnu les « souffrances et difficultés » auxquelles sont confrontées les populations, notamment celles contraintes de passer des nuits dans l’obscurité.

Le chef de l’État a également annoncé l’arrivée prochaine de deux groupes électrogènes récemment mis en service, destinés à renforcer la production nationale et à contribuer à réduire le déficit énergétique.

La crise énergétique s’est par ailleurs accompagnée de difficultés dans l’approvisionnement en eau, particulièrement pendant la saison chaude, période durant laquelle la demande augmente. Face à la dégradation du service, de plus en plus de ménages et d’entreprises se tournent vers les installations solaires pour disposer d’une source alternative d’électricité.

Alors que les manifestations se poursuivaient mercredi soir dans plusieurs secteurs de la zone urbaine, une réunion d’urgence aurait été organisée au palais présidentiel. Le président Barrow avait auparavant annoncé la mise en place d’une cellule de travail présidentielle chargée de trouver des réponses à la crise énergétique.

La situation intervient enfin à quelques mois de l’élection présidentielle prévue en décembre 2026. Le président Adama Barrow, au pouvoir depuis 2017, devrait briguer un troisième mandat, une perspective qui alimente déjà les débats politiques dans le pays.

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