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Intelligence artificielle : Séoul et l’Afrique lancent un nouveau pacte technologique
Le sommet Koafec, réunissant le 11 septembre à Séoul 45 délégations ministérielles africaines et leurs homologues sud-coréens, s’est achevé sur une série d’accords destinés à accélérer la coopération dans le numérique et l’intelligence artificielle
 

(AfriquesPlus) - Le sommet Koafec, qui réunissait vendredi 11 septembre à Séoul 45 délégations ministérielles africaines et leurs homologues sud-coréens, s’est achevé sur une série d’accords destinés à accélérer la coopération dans le numérique et l’intelligence artificielle. Au cœur du partenariat : la création d’un hub africain pour l’IA, la formation de nouveaux talents et le développement d’infrastructures technologiques. En retour, la Corée du Sud entend renforcer son accès aux ressources minières stratégiques du continent.

La coopération entre l’Afrique et la Corée du Sud franchit un nouveau cap. Réunis à Séoul dans le cadre du sommet Koafec, responsables africains et sud-coréens ont conclu plusieurs accords visant à renforcer les investissements dans les technologies numériques et à accompagner l’essor de l’intelligence artificielle sur le continent.

La rencontre a rassemblé 45 délégations ministérielles africaines, témoignant de l’importance accordée à ce nouveau partenariat, dans un contexte où l’IA s’impose progressivement comme un levier majeur de transformation économique.

 Un hub africain dédié à l’intelligence artificielle

L’un des principaux résultats du sommet est le projet de création d’un hub pour l’intelligence artificielle. Cette plateforme doit permettre de fédérer les initiatives existantes, de centraliser les ressources et de mieux coordonner les financements et les projets consacrés à l’IA en Afrique.

L’objectif est également de favoriser la formation d’une nouvelle génération de spécialistes africains et de contribuer à la construction des infrastructures nécessaires au développement de cette technologie.

«Le hub qu’on souhaite mettre en place – c’est un hub pour l’intelligence artificielle – visera justement à fédérer l’ensemble de ces initiatives-là pour les rendre beaucoup plus cohérentes et donner beaucoup plus d’impact dans le développement des économies africaines », a expliqué Ousmane Fall, directeur par intérim de la Banque africaine de développement (BAD).

 Deux accords entre la BAD et Séoul

La coopération financière constitue l’autre volet important de ce partenariat.

La Banque africaine de développement et la Corée du Sud ont signé deux nouveaux accords destinés à structurer leur coopération et à faciliter la mise en œuvre de futurs projets.

Le premier est un mémorandum d’entente portant notamment sur le financement et la préparation de projets et de programmes gouvernementaux. Le second est une lettre d’intention consacrée à l’intelligence artificielle et au numérique.

Selon Ousmane Fall, ces instruments doivent permettre de mieux accompagner les investissements dans les secteurs technologiques et de renforcer la capacité des pays africains à développer leurs propres compétences dans l’IA.

 Former les talents et construire les infrastructures

Pour les participants au sommet, l’enjeu ne consiste pas uniquement à importer des technologies. L’Afrique doit également disposer de ses propres compétences et infrastructures pour éviter de rester dépendante des solutions développées ailleurs.

La création du hub doit ainsi contribuer à former de nouveaux talents, soutenir les projets innovants et favoriser l’émergence d’un écosystème africain de l’intelligence artificielle.

Cette ambition intervient alors que de nombreux pays africains cherchent à accélérer leur transformation numérique, notamment dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de l’éducation, des services publics et de l’industrie.

 Des minerais africains pour nourrir l’industrie sud-coréenne

Derrière cette coopération technologique se dessine également un important enjeu industriel.

La Corée du Sud, puissance technologique majeure notamment dans les semi-conducteurs et l’électronique, cherche à sécuriser son approvisionnement en ressources indispensables à son industrie de pointe.

Le partenariat avec l’Afrique pourrait ainsi permettre à Séoul de renforcer son accès aux minerais stratégiques dont dispose le continent.

Cette perspective donne au partenariat une dimension particulièrement stratégique : l’Afrique dispose de ressources minières considérables, tandis que la Corée du Sud possède une expertise technologique, industrielle et financière susceptible d’accompagner leur transformation et de soutenir la montée en gamme des économies africaines.

 Un partenariat fondé sur les intérêts réciproques

Le sommet de Séoul traduit ainsi une volonté de construire une relation davantage axée sur l’investissement, la technologie et la transformation industrielle.

Pour l’Afrique, l’enjeu est de tirer parti de l’expertise sud-coréenne pour développer ses infrastructures numériques, former sa jeunesse et participer davantage à l’économie mondiale de l’IA.

Pour Séoul, le continent africain représente à la fois un marché en croissance et une source potentielle de minerais indispensables à ses industries stratégiques.

Le défi sera désormais de transformer les accords conclus à Séoul en projets concrets et durables, capables de créer de la valeur sur le continent et de permettre à l’Afrique de ne pas être seulement un fournisseur de matières premières, mais également un acteur à part entière de la révolution de l’intelligence artificielle.

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