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Kenya : dix semaines de grève, les infirmiers mettent le système de santé sous pression
Vêtus de leurs blouses blanches, certains coiffés de leurs casquettes professionnelles et brandissant des pancartes, les infirmiers kényans ont de nouveau investi les rues de Nairobi.
 

(AfriquesPlus) - La mobilisation des infirmiers kényans entre dans sa dixième semaine sans issue en vue. À Nairobi, des centaines de professionnels de santé ont manifesté jeudi pour réclamer l’application de leur convention collective de 2017, accentuant la pression sur les autorités alors que les hôpitaux publics subissent les conséquences d’un conflit qui s’enlise.

Vêtus de leurs blouses blanches, certains coiffés de leurs casquettes professionnelles et brandissant des pancartes, les infirmiers kényans ont de nouveau investi les rues de Nairobi. Sifflets et vuvuzelas ont rythmé leur marche en direction des bureaux de la Commission des salaires et des rémunérations (SRC), devenue l’un des principaux points de tension dans ce bras de fer social.

La manifestation était conduite par Seth Panyako, secrétaire général du Kenya National Union of Nurses and Midwives (KNUNM*. Les protestataires ont réclamé une nouvelle fois l’application de la convention collective conclue en 2017, notamment ses dispositions relatives aux rémunérations et aux conditions de travail.

Sur les pancartes, les messages étaient sans ambiguïté : « Implement the 2017 RTWA » et « No CBA, No Work ». Autrement dit, pas de convention collective appliquée, pas de reprise du travail.

Une revendication salariale au cœur du conflit

Le différend porte principalement sur la mise en œuvre effective de la convention collective de 2017, que les infirmiers considèrent comme essentielle pour améliorer leur situation professionnelle.

Le syndicat exige notamment que la SRC délivre une lettre de non-objection à l’accord. Cette étape est présentée comme indispensable à son enregistrement auprès de la Cour des relations du travail et de l’emploi (ELRC).

Pour le KNUNM, cette formalité constitue désormais une condition préalable à la fin de la grève. Tant que le processus ne sera pas débloqué, le syndicat assure que ses membres resteront mobilisés.

Le bras de fer se poursuit avec les autorités des comtés

Les discussions entre les représentants des infirmiers et le Council of Governors (CoG), qui représente les autorités des comtés responsables d’une grande partie du système de santé public, restent au point mort.

La SRC se retrouve ainsi au centre du conflit. Chargée de conseiller les autorités nationales et locales sur les rémunérations et les avantages des agents publics, elle est appelée par les infirmiers à intervenir pour débloquer le dossier.

Mais l’absence d’accord entre les différentes parties prolonge une crise sociale qui dure désormais depuis près de deux mois et demi.

Les patients premières victimes du conflit

Au-delà des revendications professionnelles, la principale inquiétude concerne désormais les conséquences de la grève sur les patients.

Les établissements publics sont fortement dépendants des infirmiers, qui constituent une composante essentielle du personnel médical. Leur absence prolongée perturbe donc directement le fonctionnement des hôpitaux et centres de santé.

Collins Otieno Ajwang, président de l’Association nationale des infirmiers du Kenya, estime que les structures publiques de santé sont « gravement touchées » par le mouvement.

L’inquiétude porte particulièrement sur les patients les plus vulnérables, notamment ceux qui dépendent exclusivement du système public pour accéder aux soins.

Une crise qui met le gouvernement sous pression

À mesure que la grève se prolonge, la pression augmente sur les autorités kényanes pour trouver une solution négociée.

Le conflit illustre également les difficultés du système de santé public, confronté depuis plusieurs années à des problèmes de rémunération, de conditions de travail et de pénurie de personnel.

Pour les infirmiers, la détermination reste intacte. Pour les autorités, l’enjeu devient de plus en plus urgent : mettre fin au bras de fer sans compromettre l’équilibre budgétaire, tout en évitant que la crise ne provoque une dégradation durable de l’accès aux soins.

Après dix semaines de grève, une chose est désormais certaine : le temps joue contre tout le monde, mais ce sont les patients qui risquent d’en payer le prix le plus lourd.

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