Skip to main content
Kenya : à Nairobi, les embouteillages deviennent une scène pour les acrobates de rue
Chaque matin, dans le quartier populaire de Kawangware, le groupe de Nyale se retrouve sur un terrain vague pour répéter ses figures. Dès que la circulation s’intensifie, les jeunes artistes rejoignent les grands carrefours de la capitale kényane.
 

(AfriquesPlus) - À Nairobi, de jeunes acrobates ont trouvé une manière originale de gagner leur vie : transformer les feux rouges et les embouteillages en véritables scènes de spectacle. Une activité née pendant la pandémie de Covid-19 et devenue, depuis, une source de revenus pour ces artistes confrontés au manque d’opportunités professionnelles.

Chaque matin, dans le quartier populaire de Kawangware, le groupe de Nyale se retrouve sur un terrain vague pour répéter ses figures. Dès que la circulation s’intensifie, les jeunes artistes rejoignent les grands carrefours de la capitale kényane.

Aux feux rouges, ils enchaînent sauts, équilibres et figures acrobatiques devant des automobilistes parfois surpris, mais souvent amusés. Pendant que certains exécutent les numéros, d’autres passent entre les véhicules, chapeau à la main, pour recueillir les pourboires.

À 22 ans, Mohammed Nyale pratique l’acrobatie depuis l’âge de 15 ans. Il considère cette activité comme une véritable chance de changer sa vie.

Selon lui, un artiste peut gagner en moyenne 800 shillings kényans par jour, soit environ 7 dollars. Les revenus peuvent toutefois varier fortement : certains jours, ils ne dépassent pas 300 shillings, tandis que les meilleures journées peuvent atteindre 2 000 shillings.

Pour ces jeunes venus de différentes régions du Kenya, ces revenus servent notamment à payer leur loyer et leurs dépenses quotidiennes à Nairobi.

Le phénomène a pris de l’ampleur en 2020, au moment où la pandémie de Covid-19 avait fortement réduit les possibilités d’emploi et de revenus. Depuis, les acrobates de rue sont devenus une présence régulière aux carrefours de Nairobi.

Pour Jackson Okoth, membre du groupe, cette activité représente aussi une façon de rester actif et d’éviter l’oisiveté.

 « Il n’y a pas d’opportunités vers lesquelles nous pouvons nous tourner. Cela nous occupe et nous permet également de rester en forme. »

Au-delà du spectacle, ces prestations témoignent surtout de la capacité de jeunes Kényans à transformer leur talent en moyen de subsistance. Dans une ville marquée par d’importants embouteillages, les feux rouges sont ainsi devenus, pour eux, une scène éphémère où chaque arrêt de voiture peut représenter une nouvelle occasion de gagner quelques shillings.

Et lorsque le feu passe au vert, le spectacle s’arrête. Les voitures repartent, tandis que les acrobates se préparent déjà pour leur prochaine représentation.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1040
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3