(AfriquesPlus) - Le gouvernement kényan accorde un délai de trois mois aux travailleurs et petits entrepreneurs étrangers pour mettre leur situation en conformité. Une mesure destinée à apaiser les inquiétudes nées après l’annonce du président William Ruto concernant les petites entreprises exploitées par des migrants.
Après plusieurs jours de confusion, Nairobi tente de clarifier sa position. Les autorités assurent qu’il n’est pas question d’interdire de manière générale aux étrangers de travailler ou de faire du commerce à petite échelle. Elles veulent plutôt s’assurer que les personnes concernées disposent des autorisations requises et respectent la législation en vigueur.
Le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a ainsi annoncé une période de régularisation permettant aux travailleurs concernés de mettre à jour leurs permis de travail, licences commerciales et autres documents administratifs.
« Le Kenya n'applique pas d'interdiction générale aux ressortissants étrangers exerçant des activités commerciales à petite échelle », a déclaré le ministre, rappelant que ces activités doivent être conformes au protocole relatif au marché commun de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et aux lois nationales.
Des inquiétudes après des incidents
Cette clarification intervient alors que la mesure présidentielle avait provoqué de fortes inquiétudes au sein de certaines communautés étrangères. Des ressortissants burundais auraient notamment été agressés à la suite de l’annonce, alimentant les craintes de nouvelles violences à caractère xénophobe.
Plusieurs centaines de ressortissants étrangers auraient également demandé à être rapatriés vers leurs pays d’origine, redoutant une situation comparable à celle observée récemment dans d’autres pays de la région.
Le Kenya, principale puissance économique de l’Afrique de l’Est, attire depuis longtemps des migrants originaires des pays voisins. Beaucoup y viennent à la recherche de meilleures opportunités économiques et développent notamment des activités commerciales dans les grandes villes.
Nairobi veut rassurer les communautés étrangères
Face à ces tensions, le gouvernement cherche désormais à rassurer. Musalia Mudavadi affirme que les étrangers restent libres d’exercer des activités commerciales, à condition de respecter les règles.
« Le Kenya est ouvert au commerce à petite et grande échelle pratiqué par des ressortissants étrangers », a-t-il assuré, précisant que les exigences portent notamment sur l’immigration, les permis de travail, l’enregistrement et les licences.
Pour les autorités, il s’agit donc avant tout d’une opération de mise en conformité, et non d’une politique visant à exclure les étrangers du secteur commercial.
Une période décisive
Les personnes concernées disposent désormais de trois mois pour effectuer les démarches nécessaires. Passé ce délai, le gouvernement prévient qu’il procédera à des contrôles plus stricts et prendra des mesures contre ceux qui ne respecteront pas la réglementation.
Nairobi joue ainsi la carte de l’apaisement tout en maintenant son objectif de contrôle. Pour les travailleurs et entrepreneurs étrangers installés au Kenya, cette période représente surtout une occasion de sécuriser leur activité et de poursuivre leur présence dans le pays dans un cadre légal.