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Kenya : un rédacteur en chef du Standard enlevé puis retrouvé, la presse dénonce une intimidation
Le journaliste Alex Kiprotich a vécu une nuit particulièrement éprouvante. Mardi soir, vers 21h30, alors qu’il circulait aux environs de Nakuru, dans le centre du Kenya, son véhicule a été contraint de s’arrêter par une voiture civile.
 

(AfriquesPlus) - Alex Kiprotich, l’un des rédacteurs en chef du quotidien kényan The Standard, a été retrouvé sain et sauf mercredi matin, quelques heures après avoir été enlevé par des hommes armés. Une disparition qui ravive les inquiétudes sur les pressions exercées contre les journalistes au Kenya, alors que les professionnels des médias dénoncent une campagne d’intimidation.

Le journaliste Alex Kiprotich a vécu une nuit particulièrement éprouvante. Mardi soir, vers 21h30, alors qu’il circulait aux environs de Nakuru, dans le centre du Kenya, son véhicule a été contraint de s’arrêter par une voiture civile.

Selon les images enregistrées par la caméra embarquée de son véhicule, quatre hommes cagoulés et lourdement armés sont descendus de leur voiture avant de l’extraire de force de son véhicule et de l’emmener.

Pendant plusieurs heures, ses proches et ses collègues sont restés sans nouvelles. Son téléphone avait été éteint par ses ravisseurs, rendant impossible tout contact avec lui.

C’est finalement vers 3 heures du matin qu’Alex Kiprotich a été retrouvé, à environ 200 kilomètres au sud de Nakuru, près du barrage de Masinga. Le journaliste avait été abandonné dans des fourrés.

 La colère du groupe Standard

La direction du Standard dénonce avec vigueur cet enlèvement.

Chaacha Mwita, président du groupe de presse, s’est dit profondément choqué qu’un tel événement puisse se produire dans un pays qui se présente comme respectueux de la liberté de la presse.

Pour le groupe, cette affaire soulève de graves interrogations sur la sécurité des journalistes et sur les conditions dans lesquelles ils exercent leur métier.

 « Une attaque calculée »

Les organisations professionnelles de la presse kényane refusent, elles aussi, de considérer cet enlèvement comme un simple fait divers.

Pour Eric Oduor, président du Syndicat des journalistes du Kenya, l’affaire s’inscrit dans une série d’attaques visant les professionnels des médias depuis plusieurs semaines.

Il dénonce « une attaque calculée », destinée selon lui à semer la peur au sein de la profession et à pousser les journalistes à l’autocensure.

L’enjeu dépasse donc le seul cas d’Alex Kiprotich. Pour les représentants de la presse, la multiplication des agressions constitue une menace directe pour la liberté d’informer et pour le droit du public à accéder à une information indépendante.

 Dix-huit journalistes agressés en trois mois

Les chiffres communiqués par le Conseil des médias du Kenya renforcent les inquiétudes.

Selon l’organisation, 18 journalistes ont été agressés ou blessés entre juin et août.

Ces violences répétées alimentent les craintes d’une dégradation progressive de l’environnement dans lequel travaillent les médias kényans.

L’enlèvement d’Alex Kiprotich, même s’il s’est heureusement conclu par sa libération, intervient ainsi dans un contexte où les professionnels de la presse demandent davantage de garanties pour leur sécurité.

 La liberté de la presse sous pression

Le retour sain et sauf du rédacteur en chef constitue un soulagement pour ses collègues et ses proches. Mais les interrogations demeurent nombreuses sur les auteurs de son enlèvement et sur leurs motivations.

Pour les organisations de journalistes, l’objectif est désormais de faire en sorte que cet acte ne reste pas sans réponse.

Au Kenya, pays régulièrement présenté comme l’un des espaces médiatiques importants d’Afrique de l’Est, l’affaire Alex Kiprotich apparaît comme un nouveau signal d’alerte.

Derrière cet enlèvement se joue une question essentielle : un journaliste peut-il encore exercer pleinement son métier lorsqu’informer devient synonyme de risque personnel ?

Pour la presse kényane, la réponse passe désormais par des enquêtes crédibles, la protection effective des journalistes et la garantie de leur liberté d’informer sans intimidation.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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