(AfriquesPlus) - Le président de la FIFA, Gianni Infantino, disposerait désormais de suffisamment de soutiens pour être réélu, ce qui contraindrait ses opposants à revoir leur stratégie et à viser plutôt une limitation de ses pouvoirs, selon plusieurs sources proches des discussions citées par Julien Pretot dans une dépêche exclusive de Reuters publiée le 10 septembre 2026. Un retournement notable, quelques semaines seulement après que plusieurs cadres du football mondial jugeaient sa position intenable.
Reuters rappelle que le dirigeant suisso-italien de 56 ans avait traversé cette année sa plus grave crise, après l'échec de son projet de vendre 20 % des compétitions de la FIFA, Coupe du monde comprise, à des investisseurs privés, un plan qui avait dressé contre lui l'UEFA, la Confédération asiatique et la CONCACAF, et poussé plusieurs fédérations européennes, dont la France jeudi, à retirer leur soutien à sa réélection.
Selon l'agence, l'équation électorale s'est néanmoins compliquée pour ses opposants : aucun challenger susceptible de rassembler un soutien suffisant parmi les 211 fédérations membres ne s'est présenté avant l'échéance de mars, tandis qu'Infantino conserve l'appui des petites nations et de plusieurs grands blocs hors d'Europe. Le président du PSG, Nasser Al-Khelaifi, jugé l'un des rares capables de fédérer une coalition transcontinentale, a exclu toute candidature, et le patron de la CONCACAF ne se présenterait qu'avec la certitude de l'emporter, sans qu'un nom africain ou asiatique soit exclu avant la date limite du 18 novembre.
Reuters relève la solidité de son socle en Océanie comme en Afrique. Selon une source de la Confédération africaine de football citée par l'agence, la majorité des présidents de fédérations du continent resteraient satisfaits d'Infantino, convaincus qu'un soutien continu se traduira par davantage de financements pour le développement, sans avoir exprimé les réserves formulées en Europe sur la vente d'une part de la Coupe du monde.
L'agence rapporte qu'une source de la CAF évoque, au sein du football africain, la conviction que le président de la Fédération marocaine, Fouzi Lekjaa, se serait vu promettre la finale de la Coupe du monde 2030 en échange de son rôle dans le maintien du soutien africain à Infantino. Une allégation que la FIFA dément formellement, même si Lekjaa a lui-même évoqué jeudi la région de Casablanca comme lieu de cette finale, sans confirmation officielle de l'instance. Infantino conserve par ailleurs, selon Reuters, l'appui de la CONMEBOL sud-américaine et de la CAF, alors que l'AFC et la CONCACAF ont rejoint l'UEFA dans les appels au changement.
Le président de la Fédération française, dont le comité exécutif a retiré à l'unanimité son soutien à Infantino jeudi sans désigner d'alternative, estime qu'un projet crédible devra nécessairement dépasser le seul cadre européen. Faute de candidat capable de transformer l'opposition européenne en coalition mondiale, Reuters indique que certains responsables se tournent désormais vers une réforme de la gouvernance de la FIFA plutôt que vers un affrontement électoral risqué, en envisageant un rééquilibrage des pouvoirs entre la présidence et le secrétariat général. L'élection présidentielle doit se tenir à Rabat le 18 mars 2027.