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La mémoire du 11-Septembre vue d'Afrique
Vingt-cinq ans après les attentats de New York, un éditorial de The Continent invite à revoir cette mémoire depuis l'Afrique. Sa rédactrice, Christine Mungai, y démontre que la distance avec l'événement est moins grande qu'elle n'y paraît
 

(AfriquesPlus) - Vingt-cinq ans après les attentats de New York, un souvenir mondial se raconte autrement sur le continent africain. Dans un éditorial personnel publié dans The Continent, sa rédactrice Christine Mungai revient sur cette mémoire fragmentée et sur tout ce qui, depuis, s'est joué bien plus près qu'on ne le pense.

Dans ce texte publié le 12 septembre 2026 (numéro 253 de The Continent), Christine Mungai raconte avoir appris les attentats depuis son internat, alors que « les téléphones intelligents n'existaient pas encore » et que la nouvelle lui est parvenue « lentement, par fragments », au fil des jours. Son frère, lui, avait suivi l'effondrement des tours en direct à la télévision ; un souvenir qu'il lui a raconté tant de fois, écrit-elle, qu'il s'est substitué au sien.

Cette transmission par procuration serait, selon elle, celle de tout un continent. Environ 60 % des Africains vivants aujourd'hui sont nés après le 11 septembre 2001, et n'ont hérité de l'événement qu'à travers les récits d'autrui, les images d'archives et le cinéma hollywoodien, un drame perçu, écrit la journaliste, comme quelque chose qui s'est joué loin d'eux.

C'est là que Christine Mungai déplace le regard. Le Kenya et la Tanzanie servaient déjà de terrain d'opérations avant même les attentats, avec les attentats d'Al-Qaïda contre les ambassades américaines de Nairobi et Dar es-Salaam trois ans plus tôt ; la Somalie, elle, est devenue le laboratoire de la guerre par drones et du contre-terrorisme à bas bruit ensuite exporté ailleurs sur le continent. La guerre contre le terrorisme a également asphyxié des réseaux financiers vitaux au Nigeria, poussant des factions extrémistes à se reconvertir dans le terrorisme localisé, kidnappings contre rançon compris ; en Libye, ce sont des décisions justifiées par l'ordre sécuritaire post-11-Septembre qui ont contribué, selon elle, à faire éclater le pays tout entier.

L'éditorialiste conclut que les articles qui suivent dans ce numéro explorent justement cette histoire du point de vue africain, vingt-cinq ans après les faits. Car, écrit-elle, « la distance avec New York n'est jamais aussi grande qu'il y paraît ».

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