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Le Brief d’AfriquesPlus du Lundi 7 septembre 2026
De Pretoria à Niamey, de Lagos à Addis-Abeba, en passant par Le Caire et Kinshasa, l’actualité africaine de ce lundi 7 septembre est dominée par les questions de sécurité, les recompositions politiques et les enjeux économiques.
 

(AfriquesPlus) - De Pretoria à Niamey, de Lagos à Addis-Abeba, en passant par Le Caire et Kinshasa, l’actualité africaine de ce lundi 7 septembre est dominée par les questions de sécurité, les recompositions politiques et les enjeux économiques. En Afrique du Sud, la criminalité et les difficultés économiques restent au premier plan. Au Nigeria, les débats sur l’économie, l’inflation et la sécurité occupent les journaux. En Éthiopie, le pays célèbre une nouvelle étape de son calendrier national sur fond de discours gouvernemental consacré à la transformation économique. En RDC, l’épidémie d’Ebola continue de prendre une tournure dramatique. Quant à l’Alliance des États du Sahel, elle reste sous tension après la récente mutinerie au Niger.

AFRIQUE DU SUD : économie sous surveillance et inquiétudes sécuritaires

En Afrique du Sud, Reuters place ce lundi l’économie au centre de l’attention. Le rand sud-africain évolue avec prudence, les investisseurs attendant plusieurs indicateurs économiques importants qui doivent être publiés cette semaine, notamment les chiffres du PIB, du compte courant ainsi que ceux de l’industrie minière et manufacturière. Ces données devraient permettre de mesurer plus précisément l’état de santé de la première économie industrielle du continent et pourraient influencer la trajectoire de la monnaie nationale. 

Mais la presse sud-africaine du jour s’intéresse également fortement aux questions de sécurité et de gouvernance.

La revue matinale des principaux journaux sud-africains relève notamment que Business Day revient sur les nouvelles règles imposées aux partis politiques concernant la désinformation en période électorale. La Commission électorale veut désormais que les formations politiques disposent d'un délai de 36 heures pour signaler les fausses informations, dans le cadre du nouveau code électoral. 

Le sujet de la criminalité demeure par ailleurs très présent. The Star rapporte les déclarations du président Cyril Ramaphosa lors d’une cérémonie commémorative de la police à Pretoria. Le chef de l’État a averti que les criminels qui s’attaquent aux policiers s’en prennent également à l’intégrité de l’État, à l’État de droit et à l’ordre constitutionnel. 

Autre dossier révélateur des difficultés de l’État : plusieurs médias signalent les problèmes rencontrés par les forces de police dans certaines zones, notamment à Nelson Mandela Bay, où des policiers auraient recours à leurs propres véhicules faute de moyens opérationnels suffisants. 

La situation climatique préoccupe également Johannesburg : des véhicules ont été pris au piège dans des eaux de crue à la suite des intempéries qui ont frappé certains secteurs de la ville. 

NIGERIA : dette, inflation, sécurité et bataille autour de l’économie

Au Nigeria, les unes de ce lundi mettent fortement l’accent sur les finances publiques et la lutte contre l’inflation.

Le quotidien Independent Nigeria titre notamment sur la menace que représente l’augmentation des emprunts publics pour la politique monétaire de la Banque centrale du Nigeria. Le crédit accordé au gouvernement aurait fortement progressé, alors que les taux élevés continuent de limiter les financements disponibles pour le secteur privé. 

Le débat économique intervient dans un contexte où le gouvernement de Bola Tinubu poursuit ses réformes destinées à stabiliser les finances publiques et à attirer davantage d’investissements.

La question de l'énergie reste d'ailleurs stratégique. Reuters rapportait récemment que le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, estime que le Nigeria pourrait doubler les investissements dans son secteur énergétique au cours des cinq prochaines années. Abuja ambitionne également de porter sa production pétrolière à environ trois millions de barils par jour d’ici 2030. 

Le cas Dangote continue de symboliser les ambitions industrielles du Nigeria

Autre dossier majeur toujours au cœur des préoccupations économiques : l’introduction en Bourse de la raffinerie Dangote.

La Commission nigériane des valeurs mobilières a donné son feu vert à une opération qui pourrait permettre de lever environ 1,6 milliard de dollars, ce qui en ferait la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée en Afrique. Le projet doit notamment permettre de financer l’augmentation de la capacité de la raffinerie. 

La presse nigériane s’intéresse aussi à la sécurité intérieure. Les titres du jour évoquent notamment la lutte contre les enlèvements et le banditisme, avec la volonté de renforcer les unités de police mobilisées contre ces phénomènes

Enfin, un débat politique prend de l’ampleur à l’approche de la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies. Le représentant permanent du Nigeria auprès de l’ONU, Jimoh Ibrahim, a démenti les informations selon lesquelles le président Tinubu pourrait être arrêté ou soumis à des restrictions lors de son déplacement aux États-Unis. 

Le Nigeria apparaît donc ce matin comme un pays engagé dans une course à la stabilisation économique, mais toujours confronté à de fortes pressions sécuritaires et politiques.

ÉTHIOPIE : discours de transformation et nouvelle étape nationale

En Éthiopie, l’actualité de ce lundi revêt une dimension particulière avec la célébration du « Day of Renewal », une journée marquant la fin de l’année 2018 du calendrier éthiopien.

Les autorités présentent cette journée comme l’occasion de dresser le bilan d’une année marquée, selon le gouvernement, par des avancées dans les domaines de l’économie, des infrastructures, de l’énergie, du tourisme et des nouvelles technologies. 

Le vice-Premier ministreTemesgen Tiruneh insiste sur les résultats enregistrés par le pays dans sa transformation économique, notamment en matière de production intérieure et de productivité. 

Le Premier ministre Abiy Ahmed met pour sa part l'accent sur la souveraineté économique et l’autosuffisance, présentant la transformation économique comme un élément essentiel de la stratégie nationale

Mais derrière ce discours officiel de transformation, l’Éthiopie reste confrontée à des tensions sécuritaires importantes.

Les combats et tensions dans le nord du pays, notamment autour du Tigré, constituent l’un des principaux dossiers de sécurité suivis actuellement. Des analyses publiées ce lundi évoquent une dégradation de la situation dans le nord et la fragilisation de l’accord de Pretoria qui avait mis fin à la guerre du Tigré. 

L’Éthiopie se trouve ainsi à la croisée des chemins : le gouvernement veut afficher les progrès économiques et l’image d’un pays en pleine transformation, mais les tensions politiques et sécuritaires continuent de peser sur cette ambition.

ÉGYPTE : Le Caire au cœur des recompositions géopolitiques

En Égypte, la dimension diplomatique domine largement l’actualité régionale.

La visite récente du président chinois Xi Jinping au Caire a illustré le rapprochement grandissant entre Pékin et Le Caire. Selon Reuters, cette visite intervient dans un contexte de recomposition des alliances au Moyen-Orient et de questionnement sur le rôle futur des États-Unis dans la région. 

L’Égypte cherche ainsi à maintenir un équilibre stratégique entre ses partenaires traditionnels occidentaux et de nouveaux partenaires comme la Chine et la Russie.

Les relations sino-égyptiennes couvrent désormais des secteurs aussi importants que les infrastructures, l’industrie, les énergies renouvelables, les ports et la défense. 

Le rapprochement militaire est particulièrement significatif : des exercices conjoints ont récemment associé des avions chinois J-16 à des Rafale français utilisés par l’armée égyptienne. 

Sur le plan intérieur, la justice égyptienne fait également l’objet de l’attention de la presse internationale, avec notamment l’annonce de condamnations très lourdes dans une affaire impliquant une présentatrice de télévision et plusieurs autres personnes. 

Le Caire demeure par ailleurs un acteur incontournable des grands dossiers africains : Soudan, Libye, Gaza et sécurité de la mer Rouge, mais aussi la question du Nil et du barrage éthiopien.

RDC : l’épidémie d’Ebola devient une urgence majeure

En République démocratique du Congo, c’est incontestablement la situation sanitaire qui constitue l’un des principaux sujets africains du jour.

Associated Press rapporte ce lundi que les équipes chargées des enterrements sécurisés sont confrontées à une situation extrêmement difficile dans la province de l’Ituri. L’épidémie d’Ebola a désormais fait près de 3 200 morts parmi plus de 6 600 cas confirmés, selon les données citées par l’agence

La particularité de cette épidémie tient au fait qu’elle est provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo, pour lequel il n’existe pas encore de vaccin spécifiquement homologué ni de traitement spécifique établi. L’OMS souligne également que l’épidémie se déroule dans des zones confrontées aux conflits, aux déplacements de populations et à des infrastructures sanitaires fragiles. ([Organisation mondiale de la santé

La situation est encore compliquée par les tensions dans l’est de la RDC. Dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23, les autorités rebelles ont mis en place leur propre dispositif de lutte contre Ebola. Une nouvelle infection a d’ailleurs été signalée récemment dans le territoire de Lubero, dans une zone contrôlée par le M23. 

Cette crise sanitaire risque donc de devenir également un problème de gouvernance et de sécurité, les autorités de Kinshasa ayant des difficultés à accéder à certaines zones contrôlées par les groupes armés.

AES : après la crise nigérienne, la solidité de l’Alliance mise à l’épreuve

Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel, composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, l’actualité reste largement marquée par les événements survenus au Niger à la fin du mois d’août.

Une mutinerie de militaires avait visé des sites stratégiques à Niamey, notamment l’aéroport et les abords de la présidence. Les autorités nigériennes ont ensuite affirmé avoir repris le contrôle de la situation. 

Des milliers de personnes ont par la suite manifesté à Niamey pour soutenir le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, signe que les autorités cherchent à transformer la crise en démonstration de cohésion populaire. 

Mais cette crise intervient à un moment particulièrement sensible pour l’AES. L’alliance cherche à renforcer sa coopération militaire et à développer une force commune, tandis que ses relations avec les partenaires occidentaux se sont considérablement dégradées.

La Russie continue de renforcer ses relations militaires avec les trois États. En juillet, les ministres de la Défense de l’AES avaient approuvé l’accord définissant le statut de leur force unifiée, étape importante dans la construction de leur architecture sécuritaire commune. 

Le défi demeure cependant immense : les attaques jihadistes continuent dans plusieurs zones du Sahel et mettent à rude épreuve la capacité des gouvernements militaires à restaurer durablement la sécurité.

Niger : Paris à nouveau accusé

La crise nigérienne a également relancé la confrontation avec la France. Les autorités de Niamey accusent désormais Paris d’avoir joué un rôle dans la tentative de mutinerie. Cette accusation s’inscrit dans un climat de rupture profonde entre le Niger et la France. 

Pour l’AES, l’enjeu dépasse donc désormais la seule lutte contre les groupes armés : il s’agit aussi de démontrer que les trois pays sont capables de préserver leur cohésion politique et militaire face aux crises internes et aux pressions extérieures.

LES AUTRES POINTS FORTS DE L’ACTUALITÉ AFRICAINE

Kenya : la question des petits commerces ravive le débat sur l’immigration

Au Kenya, le président William Ruto défend une politique visant à réserver certaines activités commerciales de petite taille aux citoyens kenyans. Les investisseurs étrangers resteraient les bienvenus dans les secteurs nécessitant des capitaux importants, mais les autorités veulent limiter la concurrence des étrangers dans le petit commerce et le commerce de rue. 

Cette orientation risque de relancer les débats sur l’immigration, l’emploi et la place des communautés étrangères dans l’économie kényane.

Le continent reste confronté à de profondes fractures sécuritaires

De la RDC au Sahel, les crises sécuritaires continuent de se superposer aux crises humanitaires et sanitaires. L’exemple congolais est particulièrement préoccupant : l’épidémie d’Ebola progresse dans un environnement où les déplacements de populations, les conflits armés et les difficultés d’accès aux soins compliquent considérablement le travail des équipes médicales. 

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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