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Le Brief d’AfriquesPlus du samedi 12 septembre 2026
L’actualité africaine est dominée ce matin par l’aggravation de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, qui vient de franchir le seuil des 7 000 cas confirmés, les tensions régionales et les enjeux économiques
 

(AfriquesPlus) - L’actualité africaine est dominée ce matin par l’aggravation de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, qui vient de franchir le seuil des 7 000 cas confirmés. Au Nigeria et en Afrique du Sud, les relations bilatérales se tendent après la décision du Parlement nigérian de suspendre ses engagements officiels avec Pretoria en raison des violences visant les migrants. En Afrique du Sud, six Nigérians soupçonnés d’appartenir au réseau criminel Black Axe ont par ailleurs été extradés vers les États-Unis. Dans la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie renforce ses partenariats stratégiques, tandis que les tensions sécuritaires restent fortes dans l’espace de l’AES.

 RDC — Ebola franchit le seuil des 7 000 cas

C’est l’information majeure de ce samedi.

L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo a franchi la barre des 7 000 cas confirmés. Selon les derniers chiffres du gouvernement congolais, 7 022 cas et 3 398 décès avaient été enregistrés vendredi, dans sept provinces. 

L’épidémie, provoquée par la souche Bundibugyo, est désormais la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, dépassant l’épidémie de 2018-2020. Elle se situe au deuxième rang mondial derrière l’épidémie d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016, qui avait fait plus de 11 000 morts. 

 Un nouveau foyer à des centaines de kilomètres de l’épicentre

L’inquiétude s’est encore accrue avec la confirmation d’un premier cas dans la province du Sud-Ubangi, dans le nord-ouest du pays.

La victime est un homme de 23 ans qui avait quitté le Sud-Kivu le 10 juillet, voyagé à l’étranger puis regagné la RDC avant de se rendre dans le Sud-Ubangi. Cette province est située à proximité de la République du Congo et de la République centrafricaine, ce qui fait craindre une extension régionale de l’épidémie. 

Les équipes sanitaires ont commencé le traçage des personnes ayant été en contact avec le patient.

 Des moyens encore insuffisants

L’OMS alerte sur le manque de personnel formé, de partenaires opérationnels et de financements, qui ralentit l’extension de la riposte. La situation est aggravée par les déplacements de populations, l’insécurité et la grève de personnels de santé dans certaines zones. 

La RDC fait désormais face à une course contre la montre : contenir le virus avant qu’il ne s’installe durablement dans de nouvelles provinces et ne franchisse davantage les frontières.

 Afrique du Sud — Les tensions avec le Nigeria prennent une nouvelle dimension

Les relations entre Pretoria et Abuja connaissent une sérieuse crispation.

Le Parlement nigérian a décidé de suspendre indéfiniment les visites officielles et les participations parlementaires en Afrique du Sud, en réaction aux violences visant les migrants africains, notamment les Nigérians. 

Selon Reuters, 98 Nigérians seraient morts depuis 2022 dans des incidents liés aux violences collectives et à la xénophobie en Afrique du Sud.

Le Nigeria a également indiqué que 1 695 de ses ressortissants avaient été rapatriés volontairement en 2026. 

 Une crise qui dépasse la simple question migratoire

Les tensions entre les deux principales puissances économiques d’Afrique subsaharienne pourraient avoir des conséquences diplomatiques et commerciales.

Les autorités sud-africaines ont condamné les violences xénophobes, et le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, s’était rendu à Abuja en juillet pour tenter d’apaiser la situation. 

Mais le Parlement nigérian estime que les mesures prises jusqu’ici ne suffisent pas à garantir la sécurité de ses citoyens.

La question migratoire devient donc un nouveau point de friction entre deux poids lourds du continent.

 Afrique du Sud — Six Nigérians de Black Axe extradés vers les États-Unis

Dans un autre dossier lié à la criminalité transnationale, l’Afrique du Sud a extradé vers les États-Unis six ressortissants nigérians soupçonnés d’appartenir au réseau criminel Black Axe.

Ils sont accusés d’avoir participé à des opérations de fraude électronique et de blanchiment d’argent, notamment dans le cadre d’escroqueries sentimentales en ligne.

Selon Reuters, les victimes auraient perdu plus de 100 millions de rands, soit environ 6,2 millions de dollars

Les six suspects avaient été arrêtés en Afrique du Sud en 2021. Ils doivent désormais être remis au FBI et aux services secrets américains.

Cette extradition illustre la coopération croissante entre les services de sécurité africains et américains contre les réseaux criminels transnationaux.

 Nigeria — La tension avec Pretoria pourrait peser sur les relations économiques

La décision du Parlement nigérian intervient alors que le Nigeria cherche à renforcer sa position de puissance économique et énergétique.

Le pays prépare notamment l’introduction en Bourse de la raffinerie Dangote, opération qui pourrait permettre de lever environ 1,6 milliard de dollars et devenir l’une des plus importantes introductions boursières jamais réalisées en Afrique.

La raffinerie continue également d’augmenter ses achats de brut nigérian afin d’accroître sa production.

Mais Abuja doit parallèlement faire face aux problèmes de sécurité dans le delta du Niger et aux conséquences du vol de pétrole.

Le contraste est saisissant : le Nigeria dispose d’atouts économiques considérables, mais les tensions diplomatiques et les problèmes de sécurité continuent de compliquer son ambition de devenir un véritable moteur industriel régional.

 Éthiopie — Addis-Abeba renforce ses partenariats stratégiques

L’Éthiopie cherche à diversifier ses partenariats économiques et militaires.

En marge du sommet des BRICS, le Premier ministre Abiy Ahmed a rencontré le Premier ministre indien Narendra Modi. Les discussions ont porté notamment sur la défense, les investissements et les secteurs industriels avancés. 

Selon les informations communiquées après la rencontre, l’Éthiopie souhaite renforcer sa coopération militaire avec l’Inde.

Cette ouverture s’inscrit dans la stratégie d’Addis-Abeba visant à multiplier ses partenariats au-delà de ses alliés traditionnels.

 Une diplomatie de diversification

L’Éthiopie cherche notamment à attirer davantage d'investissements et à développer ses capacités industrielles et technologiques.

Cette stratégie intervient toutefois dans un environnement régional délicat, marqué par les tensions persistantes avec l’Érythrée, la situation au Tigré et les relations complexes avec l’Égypte autour du Nil.

Addis-Abeba cherche donc à renforcer simultanément sa puissance économique, diplomatique et militaire.

 Égypte — Le canal de Suez reste sous pression

Pour l’Égypte, les bouleversements sécuritaires autour de la mer Rouge constituent toujours une source majeure de préoccupation.

Les tensions autour du Bab el-Mandeb et l’avancée des Houthis sur la côte yéménite menacent directement l’un des principaux axes maritimes reliant l’Europe et l’Asie.

La situation est devenue encore plus préoccupante après la fermeture par l’Arabie saoudite de son oléoduc Est-Ouest, frappé par une attaque de drone. Cet oléoduc peut transporter environ 4 à 5 millions de barils de pétrole par jour, soit environ 4 à 5 % des flux mondiaux. 

Les Houthis ont également pris le contrôle de l’île de Perim, située au cœur du détroit de Bab el-Mandeb. 

 Un risque direct pour l’Égypte

Si l’insécurité persistait, les navires pourraient être contraints de contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance.

Pour Le Caire, cela représente une menace majeure pour les recettes du canal de Suez, déjà affectées par les perturbations de la navigation en mer Rouge.

La crise énergétique mondiale risque également de renforcer les pressions sur les finances publiques et les coûts d’importation de l’Égypte.

 AES — La pression sécuritaire reste forte

Dans les trois pays de l’Alliance des États du Sahel, la menace jihadiste reste au cœur des préoccupations.

 Niger

La situation au Niger demeure fragile après la tentative de mutinerie de fin août.

L’intervention des combattants russes de l’Africa Corps pour aider les forces loyalistes a confirmé le rôle désormais central de Moscou dans la protection du régime.

Mais les attaques jihadistes continuent notamment dans l’ouest du pays, particulièrement dans la région de Tillabéri.

Le défi de Niamey reste donc de démontrer que le changement d’alliance militaire produit des résultats tangibles pour les populations.

 Mali

Au Mali, les forces gouvernementales et leurs partenaires russes restent confrontés aux groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique.

La persistance des attaques montre que la reprise du contrôle de certains territoires ne signifie pas encore la disparition de la menace.

 Burkina Faso

Au Burkina Faso, les autorités militaires poursuivent leur stratégie de mobilisation populaire et de renforcement des forces de défense.

Mais les groupes jihadistes restent capables de mener des attaques contre les forces nationales et les populations civiles.

Dans les trois pays, l’équation reste donc la même : reconquérir les territoires, sécuriser les populations et maintenir la cohésion des armées.

 Mer Rouge : un nouveau choc pour les économies africaines

Les développements au Yémen et autour du Bab el-Mandeb constituent désormais un dossier directement africain.

La prise de contrôle de positions stratégiques par les Houthis pourrait contraindre davantage de navires à éviter la mer Rouge et à passer par le cap de Bonne-Espérance.

Cela profiterait potentiellement aux infrastructures portuaires d’Afrique australe, mais augmenterait fortement les distances et les coûts de transport.

Les économies africaines importatrices de carburants pourraient également subir de nouvelles pressions inflationnistes.

L’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria et les grands ports de l’océan Indien sont particulièrement concernés par cette nouvelle configuration maritime.

 Technologie — Washington renforce son offensive face à Huawei en Afrique

Autre dossier stratégique : les États-Unis ont accordé un prêt de 99,6 millions de dollars à Africell, seul opérateur africain de télécommunications appartenant à des intérêts américains.

Africell est présent notamment en Angola, en RDC, en Sierra Leone et en Gambie.

Selon l’Associated Press, les fonds doivent permettre à l’entreprise d’acquérir davantage de technologies américaines et européennes et de développer ses activités en Afrique. 

Cette opération s’inscrit dans une stratégie américaine visant à concurrencer l’influence de Huawei dans les infrastructures africaines de télécommunications.

La bataille pour les réseaux 4G, 5G, les centres de données et l’intelligence artificielle devient ainsi un nouvel espace de compétition géopolitique en Afrique.

Le regard d’AfriquesPlus

Ce samedi 12 septembre, l’actualité africaine révèle trois lignes de fracture majeures.

La première est sanitaire. La RDC est confrontée à une épidémie d’Ebola qui vient de dépasser 7 000 cas et qui s’étend désormais à une septième province. La proximité du Sud-Ubangi avec deux autres pays d’Afrique centrale fait désormais de cette crise une question régionale.

La deuxième est diplomatique. La décision du Parlement nigérian de suspendre ses engagements officiels avec l’Afrique du Sud constitue un avertissement sérieux. Les violences xénophobes contre les migrants risquent désormais de peser sur les relations entre les deux principales puissances économiques d’Afrique subsaharienne.

La troisième est géopolitique. De l’Éthiopie à l’Égypte, du Sahel à la RDC, les grandes puissances cherchent à renforcer leurs partenariats et leur influence. La compétition sino-américaine dans les télécommunications, l’implication russe au Sahel et le rapprochement entre l’Inde et l’Éthiopie illustrent cette nouvelle bataille pour les alliances africaines.

Dans le même temps, la crise de la mer Rouge rappelle que les conflits extérieurs au continent peuvent avoir des conséquences immédiates sur l’Afrique : pétrole, transport maritime, recettes du canal de Suez, inflation et sécurité alimentaire sont directement concernés.

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