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Le Brief d’AfriquesPlus du Vendredi 11 septembre 2026
L’actualité africaine reste dominée par les conséquences du choc énergétique mondial, les tensions sécuritaires et politiques, mais aussi par le repositionnement diplomatique du continent autour des BRICS.
 

(AfriquesPlus) - De Pretoria à Abuja, d’Addis-Abeba au Caire et de Kinshasa à Nairobi, l’actualité africaine reste dominée par les conséquences du choc énergétique mondial, les tensions sécuritaires et politiques, mais aussi par le repositionnement diplomatique du continent autour des BRICS. En Afrique du Sud, l’économie subit la pression de la hausse des prix de l’énergie. Au Nigeria, la raffinerie Dangote accélère ses approvisionnements en brut. En Éthiopie, les inquiétudes persistent autour du Tigré. En Égypte, le sommet des BRICS place Le Caire au cœur des recompositions géopolitiques. En RDC, le drame de Bukavu rappelle la vulnérabilité persistante de l’est du pays.

 Afrique du Sud : le rand résiste, mais l’économie reste sous pression

En Afrique du Sud, la situation économique figure parmi les principaux sujets de la journée. Le rand s’est légèrement apprécié vendredi matin face au dollar, dans l’attente de la publication des chiffres américains de l’inflation, qui pourraient influencer les marchés mondiaux et les décisions de la Réserve fédérale américaine. 

Mais derrière cette relative stabilité du rand, les indicateurs économiques demeurent préoccupants. La Banque centrale sud-africaine a fait état d’un retour au déficit du compte courant au deuxième trimestre, après un excédent au premier trimestre. La hausse des coûts des importations, notamment sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient, pèse sur les échanges extérieurs du pays. 

Autre signal plus encourageant : Transnet, le géant public sud-africain de la logistique, a renoué avec les bénéfices  pour la première fois depuis quatre ans. L’entreprise a enregistré un bénéfice net de 4,6 milliards de rands sur l’exercice clos en mars 2026, notamment grâce à la concession d’une participation dans un terminal à conteneurs du port de Durban. Mais sa dette demeure élevée, à environ 150,7 milliards de rands. 

Sur le front social, les tensions autour de l’immigration restent également très sensibles à Durban. Le mouvement March and March poursuit sa mobilisation contre l’immigration irrégulière. Cette question doit cependant être traitée avec prudence : les manifestations et les violences antérieures ont touché des étrangers aux statuts administratifs différents, et les accusations générales visant les migrants ne doivent pas être présentées comme des faits établis. Reuters avait notamment documenté les violences et les déplacements de migrants à Durban ces derniers mois

 Nigeria : Dangote accélère dans le pétrole

Au Nigeria, l’un des principaux dossiers économiques concerne encore la raffinerie Dangote.

Selon Reuters, la raffinerie a sécurisé au moins 16 millions de barils de brut nigérian pour des livraisons prévues en octobre, soit environ 520 000 barils par jour. Ce volume représente une part importante de la capacité de l'installation, estimée à 700 000 barils par jour. 

Cette montée en puissance intervient alors que les perturbations du marché mondial du pétrole, liées notamment au conflit au Moyen-Orient, rendent les approvisionnements énergétiques particulièrement stratégiques.

La raffinerie, construite près de Lagos, cherche parallèlement à accroître sa capacité de production et prépare son introduction en Bourse. La SEC nigériane a récemment donné son feu vert à une opération susceptible de lever environ 1,6 milliard de dollars, ce qui constituerait l'une des plus importantes opérations boursières jamais réalisées sur le continent africain. 

L'enjeu dépasse donc largement le secteur pétrolier : Abuja entend réduire sa dépendance aux importations de produits raffinés et renforcer la position du Nigeria comme puissance énergétique régionale.

 Éthiopie : les inquiétudes persistent autour du Tigré

En Éthiopie, la question du Tigré reste l’un des principaux foyers de préoccupation dans la Corne de l’Afrique

Des tensions renouvelées entre les autorités fédérales et les forces tigréennes font craindre une dégradation de la situation, quelques années après l’accord de Pretoria qui avait mis fin à la guerre du Tigré. Les questions territoriales, politiques et sécuritaires restent en partie non résolues. 

Cette fragilité interne intervient alors que l’Éthiopie cherche à renforcer son poids diplomatique et économique. Addis-Abeba fait partie, avec l’Égypte et l’Afrique du Sud, des pays africains membres des BRICS, dont le sommet s’ouvre ce week-end à New Delhi.

La question du Nil reste également stratégique. Le différend entre l’Éthiopie et l’Égypte autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) demeure l’un des dossiers géopolitiques majeurs de la région.

 Égypte : Le Caire au cœur du sommet des BRICS

L’Égypte se prépare à jouer un rôle important dans le sommet des BRICS prévu les 12 et 13 septembre à New Delhi.

Le groupe élargi compte désormais onze membres, parmi lesquels l’Égypte, l’Éthiopie et l’Afrique du Sud. Les discussions porteront notamment sur les échanges commerciaux, les paiements internationaux et les moyens de réduire la dépendance aux infrastructures financières dominées par le dollar. 

L’un des projets suivis de près concerne l’idée d’interconnecter les monnaies numériques des banques centrales des pays membres afin de faciliter les paiements transfrontaliers. Le projet reste toutefois confronté à d’importants obstacles techniques et politiques. 

Le Caire cherche parallèlement à renforcer sa position comme puissance militaire et industrielle régionale. Le salon aéronautique organisé à El-Alamein attire notamment la Russie, la Chine, la Turquie et les Émirats arabes unis. Moscou y présente pour la première fois en Afrique son avion de combat Su-57 ainsi que de nouveaux missiles à technologie hybride drone-missile. 

 RDC : le drame de Bukavu frappe l’est du pays

En République démocratique du Congo, l’une des informations les plus tragiques de ces dernières heures concerne l’incendie qui a ravagé deux écoles et des centaines d’habitations à Bukavu, dans l’est du pays.

Selon un bilan communiqué par l’administration contrôlée par l’AFC/M23 et rapporté par Reuters, au moins 24 écoliers ont péri, dont 19 filles et cinq garçons. Vingt-neuf personnes ont également été blessées. Le feu aurait détruit près de 300 habitations en bois. 

Les circonstances exactes du sinistre restent à établir. Les autorités locales ont annoncé l’ouverture d’une enquête tandis que les secours poursuivaient leurs interventions.

Ce drame intervient dans une région déjà profondément fragilisée par les déplacements de population, l’insécurité et les conséquences du conflit entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23.

Sur le plan économique, une autre évolution mérite d’être suivie : Washington prévoit d’accorder près de 100 millions de dollars de financement à Africell, opérateur télécom présent notamment en RDC. Le prêt américain vise à soutenir le développement de réseaux utilisant des technologies américaines et alliées, dans un contexte de compétition croissante avec Huawei. 

 Afrique de l’Est : le Kenya face à plusieurs risques

Au Kenya, les autorités se préparent à recevoir environ 400 millions de dollars de financement d’urgence de la Banque mondiale dans les prochaines semaines.

Cette aide doit permettre au pays de faire face à plusieurs difficultés simultanées : pression sur les finances publiques liée au coût de l’énergie, risques sanitaires régionaux et menaces liées aux phénomènes climatiques, notamment un possible épisode El Niño. 

Le Kenya est particulièrement exposé aux conséquences des crises régionales, notamment en raison de la situation sanitaire en Afrique centrale et des perturbations potentielles sur l’agriculture et les infrastructures.

Dans le secteur privé, Nairobi a par ailleurs donné son accord à la vente par Diageo de sa participation de 65 % dans East African Breweries au japonais Asahi pour environ 2,3 milliards de dollars. L’opération doit toutefois respecter plusieurs conditions imposées par l’autorité kényane de la concurrence

Dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger — l’actualité reste dominée par la consolidation des nouvelles structures confédérales et par les enjeux sécuritaires.

Les Jeux de l’AES 2026, ouverts cette semaine à Ouagadougou, constituent notamment un nouvel instrument de rapprochement entre les trois pays. La compétition sportive est présentée par les autorités de l’AES comme un moyen de renforcer les liens entre les populations et de donner une dimension concrète à l’intégration sahélienne. 

Cette dynamique intervient après les graves tensions sécuritaires qui ont marqué le Niger à la fin du mois d’août, avec notamment la mutinerie de soldats à Niamey. Le pouvoir nigérien avait alors bénéficié du soutien de forces russes pour reprendre le contrôle d’une base stratégique, selon des informations rapportées par Reuters. 

La consolidation de l’AES s’effectue donc sur deux fronts : renforcement de l’intégration politique et sociale d’un côté, lutte contre les groupes jihadistes et recherche de nouveaux partenariats sécuritaires de l’autre.

Le pétrole à plus de 100 dollars : une menace pour plusieurs économies africaines

Un autre fil conducteur de l’actualité africaine est la forte remontée des cours du pétrole.

Le Brent devrait terminer la semaine au-dessus de 100 dollars le baril, pour la première fois depuis plusieurs mois, sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et des perturbations du trafic maritime. Les cours ont progressé de plus de 10 % sur la semaine. 

Cette situation crée des gagnants et des perdants en Afrique. Les pays producteurs peuvent bénéficier de recettes supplémentaires, tandis que les économies fortement dépendantes des importations de carburants subissent une pression accrue sur leurs budgets, leurs balances commerciales et les prix à la consommation.

L’Afrique du Sud en ressent déjà les effets sur son compte courant, tandis que le Nigeria pourrait tirer davantage profit de la montée en puissance de ses capacités de raffinage.

 Le sommet des BRICS, nouveau rendez-vous stratégique pour l’Afrique

Enfin, le sommet des BRICS de New Delhi constitue le principal rendez-vous diplomatique de ce week-end.

L’Afrique y sera représentée notamment par l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie. L’élargissement du groupe donne aux pays africains membres une plateforme supplémentaire pour défendre leurs intérêts économiques et diplomatiques.

Mais les divisions internes du groupe restent importantes, notamment sur les conflits au Moyen-Orient, les relations avec les États-Unis et la Chine et l’avenir du système financier international. L’Associated Press souligne que le sommet intervient dans un contexte de rivalités géopolitiques qui mettent à l’épreuve la capacité des BRICS à adopter des positions communes.

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