(AfriquesPlus) - Face à la flambée des coûts de l'intelligence artificielle, un nombre croissant de grandes entreprises américaines délaissent les modèles payants et fermés d'OpenAI et d'Anthropic au profit de systèmes ouverts, gratuits à télécharger et à modifier. C'est ce que rapporte le journaliste Eli Tan dans un article publié le 4 septembre 2026 dans le New York Times.
AT&T en est l'exemple le plus frappant. Le groupe télécom, qui s'appuyait jusqu'ici sur ces modèles fermés pour son service client, la transcription d'appels et la programmation, a opéré un virage cette année sous l'impulsion de son directeur des données et de l'IA, Andy Markus. La part des modèles ouverts dans son usage de l'IA est passée de 20% en mai à 40% aujourd'hui, et pourrait atteindre 60% dans les mois qui viennent, précise Markus, cité par Eli Tan, évoquant une économie allant jusqu'à 80% sur la facture d'IA du groupe depuis le début de l'année. « Nous pensons que cela pourrait aller beaucoup, beaucoup plus haut », a-t-il déclaré.
Airbnb et Deloitte s'y sont mises aussi, écrit le journaliste du New York Times, et les modèles ouverts pesaient le mois dernier 58% de l'usage de l'IA aux États-Unis, contre seulement 10% un an plus tôt, selon des données de la plateforme OpenRouter recensées dans l'article du 4 septembre. Autre signal de cette bascule relevé par Eli Tan : le rachat, annoncé jeudi, de la bibliothèque de modèles ouverts Hugging Face par le fabricant de puces Nvidia, pour 12,9 milliards de dollars.
Nombre des modèles ouverts les plus utilisés proviennent d'entreprises chinoises (Moonshot AI, DeepSeek, Alibaba) et permettent aux développeurs de ne payer que les serveurs plutôt que des licences coûteuses. Certains atteignent 80% à 90% de la puissance des modèles d'OpenAI et d'Anthropic pour environ 20% du prix, indique dans l'article du New York Times Jerry Tang, patron de la start-up Atlas Cloud, qui compare les modèles fermés à des Maserati inutilement onéreuses face à des modèles ouverts aussi efficaces qu'une Mazda.
Cette concurrence tombe mal pour OpenAI et Anthropic, engagées vers des introductions en bourse tout en devant financer des dépenses massives de recherche et de calcul ; sollicitées par Eli Tan pour l'article, ni l'une ni l'autre n'a répondu dans l'immédiat. Le sujet nourrit par ailleurs, note le journaliste, un débat entre la Silicon Valley et Washington, entre partisans d'un encadrement strict de l'IA (dont Dario Amodei, patron d'Anthropic) et défenseurs de l'open source comme condition d'un écosystème plus équilibré, à l'image de Jensen Huang (Nvidia) ou Mark Zuckerberg (Meta).
Chez AT&T, ce sont des modèles open-weights personnalisés en interne qui font désormais tourner la transcription d'appels et le service client, précise Andy Markus dans les propos rapportés par Eli Tan. Le groupe dit toutefois écarter, par prudence réglementaire, les modèles chinois, leur préférant Gemma (Google) et Llama (Meta). Meta a justement ouvert le mois dernier son système d'IA le plus avancé, à un tarif inférieur à ses concurrents américains. Un choix que Mark Zuckerberg justifie, dans une déclaration citée par le New York Times du 4 septembre, en expliquant que « l'objectif doit être que les modèles open source américains soient les meilleurs au monde ».