(AfriquesPlus) - Les autorités nigériennes cherchent à établir l’ampleur des moyens engagés lors des combats qui ont secoué la capitale fin août, alors que des accusations d’éventuels soutiens extérieurs viennent complexifier le récit officiel des événements.
Les forces de défense et de sécurité nigériennes ont récupéré un important arsenal militaire après les affrontements des 28 et 29 août à Niamey, selon les autorités. Le bilan communiqué fait état de centaines d’armes, de véhicules et de moyens de mobilité saisis à la suite des combats entre des éléments du Bataillon spécial de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS) et les forces restées loyales aux autorités.
D’après une dépêche publiée le 2 septembre 2026 par APAnews, 34 pick-up équipés d’armes de bord, deux véhicules blindés légers, dont un détruit, ainsi que plusieurs dizaines de motos ont été récupérés après les affrontements.
L’arsenal comprend notamment 382 fusils AK-47, 36 lance-roquettes RPG-7, 30 mitrailleuses PKM, six armes de calibre 12,7 mm, quatre armes de 14,5 mm, quatre fusils Dragunov, un mortier de 82 mm et 17 pistolets automatiques. Des caisses de munitions, des chargeurs et du matériel de communication figurent également parmi les équipements saisis.
Selon les autorités nigériennes, ces moyens auraient été utilisés lors de l’attaque de la base aérienne 101 et de plusieurs autres sites stratégiques de Niamey. Elles présentent les événements comme une tentative de remise en cause des institutions issues de la refondation du pays.
Le récit des autorités s’est enrichi d’un témoignage présenté par un officier nigérien. Le capitaine Roger Gabriel, du 1er bataillon parachutiste de Niamey, affirme avoir été informé pendant les affrontements de projets d’intervention extérieure visant à soutenir les éléments impliqués dans la mutinerie.
Dans un témoignage diffusé mardi par la Radio Télévision du Niger (RTN), l’officier évoque notamment les propos qu’il attribue à un militaire tchadien présenté comme le colonel Hassan Adoum. Celui-ci lui aurait fait état d’une intervention en préparation depuis le Tchad, avec une implication alléguée des autorités tchadiennes et des forces spéciales françaises.
Le capitaine Gabriel rapporte également des informations faisant état d’une possible intervention depuis le Bénin, avec un appui de la Côte d’Ivoire et de forces spéciales françaises présentes dans ce pays. Il dit par ailleurs avoir reçu des appels et messages provenant notamment de France, de Dubaï et de Belgique.
Ces accusations n’ont toutefois pas été corroborées de manière indépendante. Les autorités tchadiennes n’ont, à ce stade, publié aucun communiqué confirmant ou infirmant les allégations visant des responsables ou militaires tchadiens. Les autres pays cités dans le témoignage n’ont pas davantage apporté de réponse officielle permettant d’en établir la réalité.
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a, après la diffusion du témoignage, publié sur Facebook le verset 42 de la sourate Al-Baqara, appelant notamment à ne pas mêler « le faux à la vérité ». Il n’a cependant pas fait directement référence au Niger ni aux accusations formulées par l’officier.
Les affrontements des 28 et 29 août avaient fait trois morts dans les rangs de la Garde présidentielle, selon les autorités nigériennes. Il s’agit de l’adjudant Illo Maihatchi et des soldats de deuxième classe Yahya Idrissa Zamnaou et Ousmane Haboulé Hamissou.
Au centre de cette crise se trouve le BSR-COS, créé et équipé après le coup d’État du 26 juillet 2023 pour contribuer à la lutte contre le terrorisme et les trafics au Niger et dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES). La saisie de cet arsenal et les accusations d’appuis extérieurs pourraient désormais peser sur les enquêtes destinées à déterminer les circonstances exactes des affrontements.