(AfriquesPlus) - La tentative de coup d’État survenue au Niger le week-end dernier ouvre désormais une autre bataille : celle du récit officiel. Dans un éditorial publié le 3 septembre, Boubacar Sanso Barry juge peu convaincante la version avancée par les autorités de Niamey, qui mettent notamment en cause des acteurs étrangers.
L’auteur s’en prend particulièrement aux explications fournies à la télévision publique par le capitaine Roger Gabriel. Il considère que les accusations visant certains pays voisins reposent sur des éléments insuffisants, notamment des appels téléphoniques évoqués par l’officier, sans preuves permettant d’établir une implication directe dans la tentative de putsch.
Le Bénin et le Tchad sont au cœur des interrogations de l’éditorialiste. Il rappelle que Cotonou avait entrepris des démarches pour renouer le dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Quant à N’Djamena, son président Mahamat Idriss Déby Itno avait auparavant affiché son soutien aux autorités nigériennes, notamment lors de la crise avec la CEDEAO. La coopération militaire entre le Tchad et le Niger constitue également, selon l’auteur, un élément difficilement compatible avec les accusations formulées par Niamey.
Boubacar Sanso Barry estime ainsi que la communication des autorités nigériennes risque de produire l’effet inverse de celui recherché : accentuer l’isolement diplomatique du Niger. En s’opposant simultanément à plusieurs voisins et partenaires régionaux, Niamey pourrait, selon lui, fragiliser ses marges de manœuvre alors que le pays reste confronté aux violences jihadistes et à des tensions internes dans l’armée.
L’auteur met enfin en garde le général Abdourahamane Tiani contre une confiance excessive dans les soutiens de la Russie et de l’Algérie. À ses yeux, le pouvoir nigérien sous-estimerait les risques liés à son isolement croissant. Il considère que la tentative de coup d’État pourrait ne pas constituer un épisode ponctuel et laisse entendre que d’autres crises pourraient suivre.
L’article est donc moins un récit de la tentative de putsch qu’une critique de la réponse politique et communicationnelle de Niamey, dont l’auteur conteste la crédibilité et dénonce les conséquences potentielles sur les relations du Niger avec ses voisins.