(AfriquesPlus) - Le géant américain du transport à la demande quitte le marché nigérian, alors que le groupe engage parallèlement une importante restructuration mondiale avec la suppression d’environ 3 300 emplois.
Dans un article publié le 2 septembre 2026, BusinessDay revient sur le retrait d’Uber du Nigeria et s’interroge sur les difficultés économiques du modèle du transport à la demande. Le même jour, le quotidien nigérian Daily Trust a confirmé l’arrêt des activités de l’entreprise, effectif à compter du 2 septembre 2026.
Uber avait lancé ses services à Lagos en 2014, avant de devenir progressivement un acteur majeur de la mobilité urbaine dans le pays. Après douze années de présence, l’entreprise affirme avoir pris cette décision à l’issue d’un « examen approfondi » de ses activités.
Dans un message adressé à ses utilisateurs, Uber dit mesurer les perturbations que ce retrait pourrait entraîner dans leurs habitudes quotidiennes et présente ses excuses pour les désagréments occasionnés. L’entreprise remercie également ses utilisateurs et les chauffeurs indépendants qui ont utilisé sa plateforme depuis son arrivée au Nigeria.
Le départ du Nigeria intervient toutefois dans un contexte plus large de réorganisation du groupe. Dans un mémorandum publié mercredi, le directeur général d’Uber, Dara Khosrowshahi, a annoncé une réduction d’environ 10 % des effectifs de l’entreprise, soit près de 3 300 postes.
Selon le dirigeant, les suppressions concernent notamment des fonctions de management et de coordination. Uber entend ainsi simplifier ses structures, réduire les niveaux hiérarchiques et revoir sa stratégie d’implantation géographique.
Dara Khosrowshahi explique que cette restructuration intervient alors même que l’activité du groupe se porte bien. Au cours des cinq dernières années, le chiffre d’affaires d’Uber aurait presque triplé, tandis que l’entreprise s’est développée dans de nouveaux secteurs et a élargi sa base d’utilisateurs.
Cette croissance s’est toutefois accompagnée d’une plus grande complexité organisationnelle. Uber estime désormais nécessaire de disposer d’une structure plus légère afin d’accélérer les prises de décision et de dégager des économies qui pourront être réinvesties dans la croissance, l’innovation et ses activités futures.
Le Nigeria apparaît ainsi comme l’un des marchés dont Uber choisit de se retirer au moment où le groupe recentre ses ressources sur les opportunités qu’il juge prioritaires. Le pays avait pourtant constitué l’un des marchés africains emblématiques de son expansion, avec un lancement à Lagos en 2014.
Pour le secteur nigérian du transport à la demande, cette sortie constitue un tournant. Elle intervient dans un environnement où les plateformes doivent composer avec les coûts d’exploitation, la concurrence et les difficultés à construire un modèle durable conciliant revenus des chauffeurs, prix accessibles pour les usagers et rentabilité des entreprises.
Le retrait d’Uber ne signe donc pas nécessairement la fin du VTC au Nigeria, mais il illustre les arbitrages auxquels sont confrontées les grandes plateformes numériques lorsqu’elles réévaluent leurs marchés. Après douze ans, l’entreprise américaine tourne ainsi une page importante de son implantation en Afrique.