(AfriquesPlus) - Les industriels des États-Unis intensifient massivement leurs achats de cathodes auprès de la République démocratique du Congo, propulsant les volumes importés à des sommets historiques. Dans une analyse publiée par l’agence Reuters le 7 septembre, le journaliste Tom Daly met en lumière la stratégie des transformateurs américains, qui tirent parti de décotes substantielles par rapport aux marques cotées au COMEX pour sécuriser leurs approvisionnements.
D’après les statistiques douanières américaines analysées par la dépêche, les réceptions de métal congolais ont atteint le record de 53 290 tonnes au cours du mois de juillet. Cette performance confère au deuxième pays producteur mondial une part de marché de 23,9% sur l’ensemble des arrivages américains, franchissant pour la première fois le seuil global des 220 000 tonnes sur fond d’anticipation de barrières tarifaires.
La progression s’avère spectaculaire comparée à l’année 2024, durant laquelle les États-Unis n’avaient réceptionné que 32 000 tonnes au total. L’auteur rappelle qu’aucun label congolais n’est pourtant homologué sur la bourse new-yorkaise du COMEX, où dominent les acteurs chiliens et péruviens.
Interrogé par l’agence de presse, Albert Mackenzie, analyste chez Benchmark Mineral Intelligence, souligne que ces cargaisons alimentent directement le marché physique américain à des conditions financières nettement plus avantageuses.
La prime exigée sur le COMEX par rapport aux cours du London Metal Exchange ayant oscillé entre 400 et 600 dollars cet été, l’achat de métal négocié sur les bases du LME s’est révélé bien plus rentable pour les usines de transformation.
Deux professionnels du négoce consultés par Reuters confirment que les cathodes de la RDC font l’objet de réductions tarifaires comprises entre 550 et 800 dollars la tonne afin de compenser les coûts d’acheminement maritime.
Les mêmes spécialistes indiquent que la qualité métallurgique du cuivre congolais a progressé de manière décisive, favorisant son adoption par les tréfileries et les fabricants de tubes d’outre-Atlantique.
Cette redistribution commerciale influe également sur les échanges avec la Chine, dont les importations de cathodes congolaises ont reculé de 4,3% sur les sept premiers mois de l’année.
Bien que Kinshasa conserve sa place de premier fournisseur de l’empire du Milieu avec 39,4% des parts de marché en juillet, ses volumes se réorientent progressivement vers l’industrie nord-américaine.