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Stade d’Olembé : condamné à payer 51 milliards, le Cameroun refuse de céder
Le bras de fer judiciaire autour du complexe sportif d’Olembé prend une nouvelle tournure. Condamné par un tribunal arbitral à verser quelque 51 milliards de francs CFA au groupe italien Piccini, le Cameroun annonce son intention de contester la sentence
 

(AfriquesPlus) - Le bras de fer judiciaire autour du complexe sportif d’Olembé prend une nouvelle tournure. Condamné par un tribunal arbitral à verser quelque 51 milliards de francs CFA au groupe italien Piccini, le Cameroun annonce son intention de contester la sentence et de faire appel. Pendant ce temps, le chantier du complexe reste à l’arrêt, avec plusieurs infrastructures toujours inachevées.

Le complexe sportif d’Olembé, présenté il y a une dizaine d’années comme l’un des grands projets d’infrastructures sportives du Cameroun, se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une bataille juridique et financière.

Situé dans la périphérie de Yaoundé, le complexe devait notamment accueillir des rencontres de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2021**, finalement disputée au Cameroun en janvier et février 2022. Si le principal stade, d’une capacité de 60 000 places, a bien été construit et a accueilli des matchs de la compétition, une partie importante du projet demeure inachevée.

Les travaux d’embellissement ainsi que plusieurs infrastructures annexes n’ont toujours pas été terminés. Le chantier est actuellement à l’arrêt, alors que les contentieux entre l’État camerounais et les entreprises intervenues dans la construction du complexe se multiplient.

 51 milliards de francs CFA au cœur du litige

Dernier épisode en date : le groupe italien Piccini, qui a participé à la construction du complexe, a obtenu le 4 septembre une sentence favorable d’un tribunal arbitral du Cirdi.

L’entreprise réclame le paiement d’un dédommagement évalué à environ 51 milliards de francs CFA. Une décision que les autorités camerounaises contestent fermement.

Le professeur Cyrille Tollo, conseiller technique auprès du ministre camerounais des Sports, a annoncé que le Cameroun entendait s’opposer à cette sentence, estimant qu’elle n’était pas justifiée.

Pour les autorités, le dossier est loin d’être clos. Le gouvernement prépare donc une riposte juridique afin de contester la décision rendue en faveur du groupe italien.

 Un chantier devenu un lourd contentieux

L’affaire Piccini s’inscrit dans une histoire plus large marquée par les difficultés rencontrées autour du complexe d’Olembé.

Initialement conçu comme un projet majeur destiné à doter Yaoundé d’une infrastructure sportive moderne, le chantier a connu d’importants retards, des révisions et des changements dans les entreprises chargées de son exécution.

À l’approche de la CAN 2021, les autorités camerounaises avaient accéléré les travaux afin de permettre au stade d’être opérationnel à temps. Le stade principal a finalement été livré et utilisé pendant la compétition, mais plusieurs composantes du complexe sont restées inachevées.

Depuis, les relations entre l’État et les différents intervenants du projet se sont progressivement transformées en une série de procédures contentieuses.

 L’avenir du complexe toujours incertain

Au-delà du montant réclamé par Piccini, le contentieux pose la question de l’avenir d’un complexe présenté à l’origine comme un symbole de la modernisation des infrastructures sportives camerounaises.

Près de Yaoundé, le stade de 60 000 places constitue désormais la partie la plus visible d’un projet dont plusieurs éléments restent à achever. L’arrêt du chantier fait également planer des interrogations sur la finalisation des installations annexes et sur l’exploitation à long terme de l’ensemble.

Le Cameroun entend désormais utiliser les voies de recours disponibles pour contester la sentence arbitrale. Le dossier pourrait ainsi connaître de nouveaux développements judiciaires dans les prochains mois.

Le complexe d’Olembé, conçu comme l’un des joyaux sportifs du pays, se retrouve donc au centre d’un nouveau bras de fer entre l’État camerounais et le constructeur italien, avec plusieurs dizaines de milliards de francs CFA en jeu.

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