Skip to main content
Zimbabwe : la Banque mondiale exhorte Harare à convertir la stabilité économique en emplois
Après des progrès sur l’inflation et la croissance, le Zimbabwe doit désormais transformer sa stabilité économique en emplois formels et en revenus plus élevés.
 

(Afriquesplus)- Le Zimbabwe dispose désormais d’une fenêtre d’opportunité pour transformer ses récents progrès en matière de stabilité économique en croissance durable et en emplois formels. C’est le constat de la Banque mondiale dans son nouveau rapport consacré à la croissance et à l’emploi dans le pays.

Selon NewZimbabwe, qui rapporte les conclusions de l’institution financière internationale, l’économie zimbabwéenne a enregistré une croissance moyenne proche de 6 % entre 2021 et 2025. L’inflation en monnaie locale est, elle, repassée sous la barre des deux chiffres au début de 2026, une première depuis 1997. La Banque mondiale estime que cette amélioration de la stabilité macroéconomique constitue une base favorable pour relancer l’investissement et accroître la productivité.

Mais cette embellie ne s’est pas encore traduite par une amélioration suffisamment large des conditions de vie. Une grande partie de la population active demeure cantonnée à l’économie informelle, caractérisée par de faibles revenus, une protection sociale limitée et une faible productivité. La croissance du PIB reste ainsi insuffisante pour créer des emplois décents à grande échelle.

La Banque mondiale appelle donc Harare à aller au-delà de la stabilisation macroéconomique en s’attaquant aux obstacles qui freinent l’investissement et la création d’emplois. L’institution préconise notamment des réformes dans les infrastructures, l’environnement des affaires, la réglementation et l’accès au financement.

Le rapport souligne également l’importance de résoudre les problèmes liés à la dette et aux arriérés du pays afin de faciliter le retour du Zimbabwe vers des financements concessionnels. Le déficit d’infrastructures, notamment dans le secteur de l’électricité, constitue un autre frein majeur. Selon la Banque mondiale, les pénuries d’électricité représentent à elles seules un coût équivalant à environ 6,1 % du PIB chaque année.

L’institution insiste par ailleurs sur la nécessité de renforcer le secteur privé, en améliorant notamment la sécurité foncière, l’accès aux services financiers et la prévisibilité du cadre juridique pour les investisseurs. Une simplification des procédures administratives, une réduction de certains frais et une facilitation du commerce transfrontalier figurent également parmi les réformes recommandées.

La Banque mondiale estime que ces transformations pourraient permettre au Zimbabwe de créer jusqu’à 230 000 emplois supplémentaires d’ici 2040, à condition que le pays parvienne à maintenir sa stabilité tout en accélérant les investissements et les réformes structurelles.

L’enjeu pour le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa est désormais de faire en sorte que l’amélioration des indicateurs macroéconomiques se traduise par des revenus plus élevés, davantage d’emplois productifs et une amélioration tangible du niveau de vie. Pour la Banque mondiale, la stabilité économique ne doit donc pas constituer une fin en soi, mais le point de départ d’une transformation plus profonde de l’économie zimbabwéenne.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
997
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3