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DPG, Al Aminou Lo dévoile les leviers du redressement économique du Sénégal
Réduction des dépenses, réforme des subventions, reprofilage de la dette et valorisation des ressources pétrolières et gazières : le Premier ministre a présenté devant les députés une feuille de route destinée à restaurer les marges financières de l’État.
 

(AfriquesPlus) - Le Premier ministre sénégalais Al Aminou Lo a défendu, mardi 8 septembre 2026, devant l’Assemblée nationale, une série de mesures destinées à restaurer les marges de manœuvre financières de l’État, notamment la rationalisation des dépenses publiques, la réforme des subventions et le reprofilage de la dette.

Dans une dépêche publiée le même jour, l’Agence de presse africaine (APAnews) rapporte que le chef du gouvernement a présenté ces mesures dans le cadre de sa Déclaration de politique générale (DPG), en les inscrivant dans les orientations du programme conclu avec le Fonds monétaire international (FMI).

Al Aminou Lo a assuré que les principales mesures prévues dans ce programme reprennent, pour l’essentiel, des engagements déjà inscrits dans le programme gouvernemental et dans les précédentes orientations de l’État.

Sur les dépenses publiques, le Premier ministre a évoqué la maîtrise de la masse salariale, l’optimisation des dépenses de biens et services ainsi que l’amélioration de l’efficacité des investissements publics. Il a également rappelé le projet de rationalisation du secteur parapublic présenté en Conseil des ministres le 4 mars 2026, qui prévoit notamment la suppression de 19 agences et la fusion de plusieurs structures.

La réforme des subventions constitue également l’un des principaux leviers annoncés. Selon APA, le gouvernement prévoit une réduction « graduelle, prévisible et différenciée » de leur poids, avec pour objectif de ramener leur charge à 1 % du PIB en 2029, soit environ 250 milliards de francs CFA. Le Premier ministre a expliqué que les aides publiques devront progressivement être davantage ciblées sur les personnes vulnérables plutôt que sur les produits.

« On ne supprime pas des subventions. On les rationalise », a déclaré Al Aminou Lo, en précisant que la réforme concernera notamment les subventions à l’électricité et aux carburants.

La question de la dette figure également au cœur de la stratégie gouvernementale. Le Premier ministre a indiqué que l’exécutif privilégiait un « reprofilage » fondé notamment sur l’allongement des maturités et la renégociation des intérêts, plutôt qu’une restructuration plus profonde. Cette démarche doit, selon lui, contribuer à restaurer la viabilité de la dette, rétablir la confiance et relancer l’économie.

D’après la dépêche publiée par APA, le processus devrait être accompagné par le FMI, la Banque mondiale et d’autres partenaires multilatéraux. Al Aminou Lo a parallèlement assuré que le gouvernement entendait préserver les intérêts des populations, notamment les plus vulnérables.

Le Premier ministre est également revenu sur la dégradation de la notation financière du Sénégal. Il a estimé que les cinq dégradations enregistrées reflètent les incertitudes entourant la capacité du pays à redresser ses finances publiques. « Nous avons pris nos responsabilités », a-t-il affirmé.

Sur le plan énergétique, Al Aminou Lo a défendu une meilleure valorisation des ressources pétrolières et gazières, avec l’objectif de produire une électricité moins coûteuse et de renforcer les capacités industrielles du pays. Il a annoncé que l’approvisionnement de la Senelec en gaz naturel liquéfié (GNL) devrait commencer en janvier 2027.

Le chef du gouvernement a également appelé à la conclusion d’un accord avec la Mauritanie et BP afin de permettre au Sénégal d’utiliser une partie du gaz issu du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), à des conditions conformes, selon lui, aux accords conclus entre les différentes parties.

Dans le secteur minier, le gouvernement prévoit l’adoption d’un nouveau code minier avant la fin de 2026. Al Aminou Lo a également annoncé la création d’un fonds de réhabilitation des sites et carrières ainsi que la mise en place d’un cadastre minier. L’objectif fixé au secteur est de générer 600 milliards de francs CFA de recettes annuelles à l’horizon 2029.

La souveraineté alimentaire constitue un autre axe de la feuille de route présentée devant les députés. Le gouvernement ambitionne notamment de couvrir, d’ici 2029, 64 % des besoins nationaux en riz, 114 % en pommes de terre, 100 % en oignons, 96 % en viande et 40 % en lait.

Enfin, le Premier ministre a établi un lien entre souveraineté économique et sécurité nationale. Il a annoncé l’accélération de l’adoption de la loi de programmation militaire et de la loi d’orientation sur la base industrielle et technologique de défense. Le gouvernement entend également renforcer la protection des infrastructures critiques, notamment dans les secteurs pétrolier, gazier, électrique et numérique.

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