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Le Brief d’AfriquesPlus du mercredi 9 septembre 2026
De Pretoria à Kinshasa, en passant par Abuja, Addis-Abeba et Le Caire, l’actualité africaine de ce mercredi 9 septembre est dominée par les inquiétudes économiques, les tensions sécuritaires et les recompositions géopolitiques.
 

 (AfriquesPlus) - De Pretoria à Kinshasa, en passant par Abuja, Addis-Abeba et Le Caire, l’actualité africaine de ce mercredi 9 septembre est dominée par les inquiétudes économiques, les tensions sécuritaires et les recompositions géopolitiques. L’Afrique du Sud fait face à un nouveau coup de frein économique, tandis que le Nigeria reste préoccupé par la sécurité et la situation de ses ressortissants. En Éthiopie, les tensions autour du Tigré ravivent les craintes d’une nouvelle confrontation. En RDC, l’épidémie d’Ebola prend une ampleur historique. Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel, la consolidation du nouvel axe régional se poursuit sur fond de crise avec la CEDEAO.

Afrique du Sud : l’économie sous pression, la crise sécuritaire et politique toujours en toile de fond

En Afrique du Sud, l’économie constitue l’un des principaux sujets de la journée. Reuters rapporte que le rand reste relativement stable ce mercredi face au dollar, les investisseurs préférant attendre de nouvelles données économiques avant de prendre position. Cette prudence intervient après la publication des chiffres du deuxième trimestre, qui ont fait apparaître une **contraction de l’économie sud-africaine**, la première depuis près de deux ans. Le ralentissement est notamment lié aux difficultés du secteur minier et de l’industrie manufacturière, mais également aux répercussions internationales de la guerre au Moyen-Orient. 

Cette fragilité économique intervient alors que Pretoria doit composer avec un environnement international de plus en plus incertain. La hausse du pétrole, conséquence directe de l’escalade au Moyen-Orient, fait peser un risque supplémentaire sur l’inflation et sur les comptes extérieurs du pays. Le Brent évolue désormais autour de 100 dollars le baril ce qui pourrait accroître les coûts énergétiques de nombreuses économies africaines importatrices de pétrole. 

Sur le terrain politique et institutionnel, la presse sud-africaine continue par ailleurs de suivre de près les remous autour de la police et de la lutte contre les réseaux criminels. Mail & Guardian rapporte que la commission parlementaire chargée d’examiner les accusations visant l’ancien ministre de la Police Senzo Mchunu reste profondément divisée. Elle n’a pas établi que la décision de dissoudre la Political Killings Task Team ait été prise dans le cadre d’un accord de corruption avec des cartels, mais estime que plusieurs éléments justifient une enquête et un examen institutionnel supplémentaires. 

Autre dossier très suivi : l’élection à la tête de la South African Football Association (SAFA). À quelques jours du congrès électif prévu samedi, le candidat Sandile Zungu accuse l’actuelle direction de manipulations électorales, de pressions sur certaines régions et d’incitations financières destinées aux délégués. Des accusations que la direction de la fédération conteste. 

Nigeria : sécurité, retour des ressortissants et inquiétudes sociales

Au Nigeria, la question sécuritaire reste au premier plan. Les médias nigérians continuent de mettre l’accent sur les violences et les difficultés des populations confrontées aux groupes armés et aux enlèvements.

Vanguard, dans son édition de ce mercredi, met notamment en avant l’appel de l’opposant Peter Obi au gouvernement fédéral pour qu’il renforce la protection des communautés et permette le retour des personnes déplacées. Le journal consacre également une place importante aux questions économiques et au taux de change, avec le suivi quotidien du naira face au dollar. 

La sécurité demeure également au cœur des préoccupations du gouvernement de Bola Tinubu. La presse officielle nigériane fait état de nouvelles initiatives visant à renforcer les capacités de l’armée, la coopération régionale et la lutte contre les groupes armés. Abuja cherche parallèlement à maintenir son rôle dans les mécanismes de sécurité et de coopération de l’Afrique de l’Ouest. 

Dans le même temps, les relations entre le Nigeria et l’Afrique du Sud restent sensibles, notamment autour du sort des ressortissants nigérians installés dans le pays. Les autorités nigérianes ont engagé un processus de rapatriement et de réintégration de certains citoyens affectés par les violences xénophobes en Afrique du Sud.

Sur le plan régional, Abuja continue par ailleurs de s’inquiéter des conséquences du retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO. Un responsable de la présidence nigériane avait récemment estimé que ce départ avait créé une crise majeure pour l’intégration ouest-africaine. 

Éthiopie : le Tigré de nouveau au centre des inquiétudes

En Éthiopie, la montée des tensions dans la région du Tigré constitue l’un des dossiers africains les plus préoccupants du jour.

Human Rights Watch alerte ce mercredi sur la montée des tensions dans le nord du pays. L’organisation estime que la situation teste directement la capacité de l’Union africaine à transformer ses mécanismes d’alerte précoce en véritable action préventive. Cette alerte intervient alors que les relations entre les différentes forces politiques et militaires de la région restent extrêmement fragiles

Le risque est particulièrement sensible parce que le Tigré sort à peine d'une guerre extrêmement meurtrière. Toute nouvelle escalade pourrait avoir des conséquences humanitaires considérables et fragiliser davantage la stabilité de la Corne de l’Afrique.

La question éthiopienne est également suivie sous l’angle économique. Le pays poursuit ses efforts pour restructurer sa dette extérieure après son défaut sur une obligation internationale de 1 milliard de dollars. Un accord préliminaire avec les détenteurs d’obligations avait constitué en juin une avancée importante dans ce processus. 

Enfin, le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) continue de renforcer le poids géopolitique d’Addis-Abeba dans la région du Nil. Un an après son inauguration, le barrage reste au cœur des rapports de force entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan. 

Égypte : énergie, positionnement stratégique et nouvelle donne régionale

En Égypte, l’actualité s’inscrit largement dans le contexte des bouleversements géopolitiques au Moyen-Orient. Le Caire demeure particulièrement attentif à l’évolution du conflit régional, compte tenu de son impact direct sur le canal de Suez, les revenus du tourisme, les importations énergétiques et la stabilité de ses frontières.

La coopération économique et énergétique reste parallèlement un axe important de la stratégie égyptienne. Le pays cherche à renforcer son rôle de plateforme régionale entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient.

Le secteur des énergies renouvelables fait notamment l’objet d’un intérêt croissant. Des projections publiées cette semaine indiquent que l’Égypte pourrait devenir en 2026 le deuxième marché solaire d’Afrique, signe de l’accélération des investissements dans les infrastructures énergétiques. 

Le Caire poursuit également sa stratégie de diversification économique et d'ouverture au secteur privé. Cette politique intervient alors que les autorités cherchent à réduire les pressions exercées sur les finances publiques et à attirer davantage d'investissements étrangers.

Sur le plan diplomatique, la relation avec la Chine prend également une importance croissante. La récente visite du président chinois Xi Jinping au Caire a placé l'énergie, l'intelligence artificielle et les investissements au centre des discussions. 

RDC : l’épidémie d’Ebola prend une tournure historique

La République démocratique du Congo est confrontée à l’une des situations sanitaires les plus alarmantes du continent.

L’épidémie d’Ebola, déclarée en mai, continue de progresser et serait désormais à l’origine de plus de 6 600 cas confirmés et près de 3 200 décès, selon les données reprises dans les dernières alertes consacrées à la crise. 

La situation est d’autant plus préoccupante que les capacités de réponse sanitaire sont sous forte pression. Dans certaines zones de l’est du pays, les équipes médicales ont de grandes difficultés à atteindre les populations exposées. La réponse s’oriente désormais davantage vers les communautés et les villages, alors que le virus se propage au-delà des zones où les centres de traitement peuvent être efficacement opérationnels. 

Cette crise sanitaire intervient dans un pays déjà profondément fragilisé par les conflits armés. Dans l’est de la RDC, la situation sécuritaire reste dominée par le conflit entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23.

Parallèlement, Kinshasa cherche à accroître son contrôle sur les ressources minières stratégiques. Reuters rapporte que le gouvernement congolais veut renforcer son contrôle sur les **données géologiques** du pays, qui dispose d'importantes réserves de cobalt, de cuivre, de lithium et d’or. L’objectif est de mieux maîtriser l’exploration minière et de renforcer le pouvoir de négociation de l’État face aux investisseurs étrangers

AES : le Sahel poursuit sa recomposition loin de la CEDEAO

Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger —, la dynamique de rupture avec les structures régionales traditionnelles se poursuit.

Les trois pays ont désormais fait de leur alliance un instrument politique, sécuritaire et diplomatique destiné à consolider leur autonomie vis-à-vis de la CEDEAO. Leur retrait du bloc régional ouest-africain continue cependant de poser de nombreuses questions sur la circulation des personnes, les échanges commerciaux et la coordination sécuritaire.

Cette recomposition est particulièrement sensible au Niger, où les récents événements autour de la sécurité intérieure ont rappelé la fragilité persistante de la région. L’Algérie, autre acteur majeur du Sahel, tente parallèlement de redéfinir sa doctrine de sécurité et ses relations avec les États de la région. Le Monde souligne que cette nouvelle donne intervient après les tensions entre Alger et les pays de l’AES

La question sécuritaire demeure le principal défi. Malgré le renforcement de leurs coopérations militaires, notamment avec la Russie, les trois pays restent confrontés à la progression des groupes jihadistes dans plusieurs zones du Sahel. 

Le continent sous la pression de la crise énergétique mondiale

Au-delà des dossiers nationaux, une même préoccupation traverse aujourd’hui plusieurs économies africaines : la flambée des cours du pétrole provoquée par l'escalade militaire au Moyen-Orient.

Le Brent s’approche des 100 dollars le baril, ce qui risque d’alourdir les factures énergétiques des pays africains importateurs de pétrole et de raviver les tensions inflationnistes

Cette situation pourrait particulièrement affecter les pays déjà confrontés à des déficits budgétaires, à une forte dette ou à une dépréciation de leur monnaie. Elle constitue donc un facteur de risque supplémentaire pour des économies comme celles de l’Égypte, du Nigeria, de l’Afrique du Sud ou encore de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

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