(Afriquesplus) - L’équipe de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, a rejeté les accusations de partialité formulées par des responsables de la région du Tigré dans le cadre de ses efforts de médiation entre les autorités fédérales éthiopiennes et les dirigeants tigréens.
Dans une déclaration rendue publique le 7 septembre, le bureau d’Obasanjo a réfuté les critiques visant l’indépendance et l’impartialité de l’émissaire africain. The Reporter Ethiopia, qui rapporte l’information, indique que ces accusations sont intervenues après une récente visite d’Obasanjo à Mekelle, capitale du Tigré.
La controverse a notamment été alimentée par les déclarations d’Amanuel Asefa, vice-président du gouvernement régional du Tigré. Celui-ci avait publiquement mis en doute l’indépendance de l’ancien président nigérian, tandis qu’une déclaration du gouvernement régional l’accusait de recevoir directement des instructions d’Addis-Abeba.
Le bureau d’Obasanjo a fermement rejeté ces allégations, estimant qu’elles dénaturent à la fois le mandat confié à l’émissaire de l’Union africaine et la manière dont il conduit ses consultations avec les différentes parties. Son équipe a également défendu le principe de confidentialité inhérent à toute médiation, considérant qu’il serait irresponsable pour un médiateur de rendre publiques des informations sensibles afin de gagner l’attention de l’opinion.
Depuis juin, Olusegun Obasanjo mène une diplomatie de navette entre Addis-Abeba et Mekelle. Sa mission consiste notamment à prévenir une reprise des affrontements et à favoriser la poursuite de la mise en œuvre de l’accord de paix de Pretoria, conclu en novembre 2022 après deux années de guerre meurtrière dans le nord de l’Éthiopie.
Le bureau de l’ancien président nigérian appelle également la communauté internationale à suivre attentivement l’évolution de la situation. Il estime que tous les efforts doivent être déployés pour éviter que la population éthiopienne ne revive les violences qui ont marqué la période 2020-2022.
Au-delà de la polémique actuelle, les accusations formulées par les responsables tigréens illustrent les difficultés auxquelles est confrontée la médiation africaine. La méfiance entre les différentes parties demeure forte et la préservation du cessez-le-feu dépend en grande partie de la capacité des acteurs à maintenir le dialogue.
Pour Obasanjo et l’Union africaine, l’enjeu est donc de préserver un canal de communication entre Addis-Abeba et Mekelle tout en encourageant la mise en œuvre effective des engagements pris dans le cadre de l’accord de Pretoria.