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Infrastructures, le pari américain de l’Union africaine
Alors que l’Afrique accuse un déficit massif de financement de ses infrastructures, un nouvel accord avec Washington veut attirer les capitaux privés américains. Mais pour l’Union africaine, le véritable défi sera de garder la main sur les projets
 

(AfriquesPlus) - L’Afrique peut-elle réellement prendre la main sur le nouvel accord d’infrastructures avec les États-Unis ? C’est la question posée par Paul-Simon Handy et Joseph Sany dans un article publié le 8 septembre 2026 par l’Institute for Security Studies (ISS), dans ISS Today.

L’article analyse le Strategic Infrastructure and Investment Working Group (SIWG), lancé en janvier 2026 par la Commission de l’Union africaine et Washington pour attirer davantage de capitaux américains vers les infrastructures africaines. Le dispositif doit notamment s’appuyer sur l’Agenda 2063, le PIDA et la ZLECAf.

Cinq projets pilotes ont été retenus : des infrastructures portuaires et pétrolières à Nacala au Mozambique, un hub d’hydrogène à Walvis Bay en Namibie, le projet hydroélectrique d’Inga en RDC et un centre de données.

Pour les auteurs, l’enjeu est considérable alors que le continent fait face à un déficit annuel de financement des infrastructures estimé entre 68 et 108 milliards de dollars. Le SIWG pourrait permettre de mobiliser une partie des capitaux privés américains qui font encore défaut.

Mais l’Union africaine devra surmonter plusieurs obstacles. Elle devra mieux associer les États membres, les entreprises africaines, les institutions financières du continent et les communautés concernées par les projets. Elle devra surtout améliorer sa capacité à agir rapidement, alors que ses mécanismes bureaucratiques sont peu adaptés à une relation commerciale impliquant directement des investisseurs privés.

Du côté américain, le principal frein reste la prudence des investisseurs face à l’instabilité réglementaire, à la sécurité juridique et à la fiabilité des contrats en Afrique. Le programme américain de 500 millions de dollars, destiné à réduire les risques liés aux investissements privés, pourrait contribuer à lever certaines de ces réticences.

L’ISS estime également que le recul de la présence diplomatique américaine sur le continent pourrait compliquer la mobilisation des entreprises. La diaspora africaine aux États-Unis et certaines organisations économiques pourraient alors servir de relais entre les investisseurs américains et les acteurs africains.

L’accord constitue donc une opportunité pour l’Union africaine de transformer ses priorités continentales en véritables leviers d’investissement. Mais son succès dépendra de sa capacité à mobiliser les acteurs africains et à convaincre les capitaux américains que l’Afrique offre désormais des conditions suffisamment prévisibles pour investir.

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