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Le pari discret du dialogue avec Boko Haram
Après dix-sept ans de guerre contre Boko Haram, le Nigeria semble renouer discrètement avec le dialogue. Une trêve secrète serait en vigueur depuis juin, mais sa portée et sa solidité restent incertaines
 

(AfriquesPlus) - Après dix-sept ans de conflit, le Nigeria tente à nouveau la voie du dialogue avec Boko Haram, malgré les démentis ou le silence officiel des autorités. Dans un article publié ce 10 septembre 2026 par Newsdesk Africa, le journaliste Obi Anyadike, rédacteur en chef Afrique de The New Humanitarian, revient sur une trêve secrète qui serait en vigueur depuis juin.

Selon plusieurs sources proches du groupe jihadiste citées par The New Humanitarian, l’accord aurait été conclu après la libération de 360 civils enlevés à Ngoshe, dans l’État de Borno. Les attaques auraient cessé dans certaines communautés depuis la mise en place de ce cessez-le-feu, qui pourrait être prolongé de quarante jours. Le gouvernement nigérian n’a toutefois pas confirmé publiquement l’existence de l’accord.

Cette trêve s’inscrit dans une longue histoire de contacts discrets entre Abuja et Boko Haram. Depuis 2009, plusieurs initiatives de médiation ont été tentées, notamment avec l’appui de la Suisse. Certaines ont permis la libération d’otages, comme les lycéennes de Chibok, mais les cessez-le-feu n’ont jamais tenu durablement. Les rivalités au sein de l’appareil sécuritaire nigérian et la méfiance entre les parties ont régulièrement compromis ces démarches.

L’enjeu est d’autant plus complexe que Boko Haram est aujourd’hui divisé et confronté à son principal rival, l’ISWAP. Un éventuel accord avec la faction dirigée par Ibrahim Bakura Doro ne réglerait donc pas l’ensemble de l’insurrection. Certains responsables sécuritaires envisageraient néanmoins un scénario dans lequel un accord avec Boko Haram permettrait de concentrer les efforts militaires contre l’ISWAP.

Pour les experts cités dans l’article, la trêve actuelle reste fragile. Elle pourrait n’être qu’un arrangement tactique permettant aux deux camps de gagner du temps. La construction d’une paix durable nécessiterait des négociations structurées, des garanties, des mécanismes de réintégration et surtout une volonté politique assumée.

L’article souligne enfin un obstacle majeur : l’opinion nigériane reste profondément divisée sur l’idée de négocier avec des groupes considérés comme terroristes. Les populations directement exposées aux violences y seraient davantage favorables que le reste du pays. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, le gouvernement de Bola Tinubu doit donc arbitrer entre la poursuite de l’offensive militaire et l’exploration discrète d’une solution politique.

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