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Abuja suspend ses échanges parlementaires avec Pretoria
La décision intervient sur fond de recrudescence des violences et intimidations visant des Nigérians et d’autres ressortissants africains en Afrique du Sud. Abuja exige des mesures de protection et des poursuites contre les auteurs des attaques...
 

(AfriquesPlus) - Le Parlement nigérian a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre ses visites officielles en Afrique du Sud et de boycotter les activités parlementaires organisées ou accueillies par les autorités législatives sud-africaines, sur fond de nouvelles préoccupations liées aux violences xénophobes visant des ressortissants nigérians et africains.

Dans une dépêche publiée le 11 septembre 2026, l’agence APA rapporte que la décision a été prise par les dirigeants des deux chambres du Parlement nigérian, sous la conduite du président du Sénat, Godswill Akpabio, et du président de la Chambre des représentants, Abbas Tajudeen. La mesure concerne les parlementaires, les commissions ainsi que les responsables et personnels de l’Assemblée nationale.

Selon APA, cette décision intervient après plusieurs signalements faisant état d’attaques xénophobes, de violences, d’intimidations, de destructions de biens et d’autres actes d’hostilité contre des Nigérians et d’autres ressortissants africains vivant en Afrique du Sud.

Dans une communication adressée aux sénateurs, députés, commissions et services de l’Assemblée nationale, le greffier de l’institution, Kamoru Ogunlana, a fait état de Nigérians tués, blessés ou déplacés. Certains auraient également été contraints d’abandonner leurs commerces, leurs investissements, leurs domiciles et d’autres biens.

La suspension porte sur l’ensemble des visites officielles en Afrique du Sud effectuées au nom de l’Assemblée nationale, mais aussi sur les conférences, séminaires, ateliers, réunions et autres rencontres parlementaires organisés, accueillis, parrainés ou co-parrainés par le Parlement sud-africain ou d’autres autorités législatives du pays.

La directive s’applique aussi bien aux activités en présentiel qu’aux engagements à distance. Toute participation à ce type d’initiative devra désormais recevoir une autorisation expresse préalable de la direction de l’Assemblée nationale. Les programmes et invitations déjà prévus devront également être réexaminés.

Le Parlement nigérian appelle par ailleurs les autorités sud-africaines à prendre des mesures urgentes pour assurer la protection des Nigérians et des autres ressortissants africains. Il demande notamment que les incidents signalés fassent l’objet d’enquêtes, que les personnes soupçonnées soient arrêtées et que les auteurs reconnus coupables soient traduits en justice.

L’Assemblée nationale invite également les assemblées des États de la Fédération à prendre connaissance de cette décision et à envisager des mesures similaires. La portée de la directive dépasse ainsi les seuls échanges du Parlement fédéral avec ses homologues sud-africains.

Abuja précise toutefois que ce boycott ne constitue pas une remise en cause des relations historiques, diplomatiques et humaines entre le Nigeria et l’Afrique du Sud. Le Parlement affirme rester attaché à la coopération entre les deux pays, tout en estimant que celle-ci doit reposer sur le respect mutuel et la protection des personnes et des biens.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par le retour de plusieurs ressortissants africains confrontés à des violences ou à des intimidations en Afrique du Sud. Selon les autorités nigérianes citées par APA, 1 490 Nigérians avaient été évacués entre juin et juillet 2026, avant que le nombre total de ressortissants rapatriés ou évacués ne soit porté à 1 699 en septembre.

Le Ghana a également achevé le 4 septembre une opération ayant permis de rapatrier 1 964 de ses ressortissants d’Afrique du Sud. Lancée le 27 mai, cette opération avait été motivée par la recrudescence des attaques xénophobes et des intimidations visant des ressortissants africains. D’autres pays du continent ont également organisé des opérations de rapatriement dans ce contexte.

La suspension des activités parlementaires nigérianes restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Le Parlement se réserve toutefois la possibilité de réexaminer la mesure en fonction de l’évolution de la situation en Afrique du Sud.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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