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L’Union africaine face au défi des conflits sans frontières
Les conflits africains ignorent les frontières, mais les réponses restent encore enfermées dans les souverainetés nationales. À l’approche d’un sommet de l’UA, cette contradiction est au cœur des tensions sécuritaires du continent
 

(AfriquesPlus) - Les crises sécuritaires africaines débordent de plus en plus les frontières nationales, mettant à l’épreuve le principe de souveraineté défendu par l’Union africaine. Dans un rapport publié le 11 septembre 2026, African Security Analysis (ASA) analyse cette contradiction à l’approche du sommet du Conseil de paix et de sécurité prévu le 23 septembre à New York.

Le sommet doit notamment examiner les tensions entre États africains et les réponses régionales au terrorisme. Le dossier RDC-Rwanda devrait occuper une place centrale. Pour l’ASA, cette crise illustre les difficultés de l’Union africaine à concilier le respect de l’intégrité territoriale avec des menaces qui reposent précisément sur des dynamiques transfrontalières.

Plusieurs processus diplomatiques sont déjà engagés, notamment les accords de Washington entre Kinshasa et Kigali et le processus de Doha impliquant la RDC et le M23. L’ASA estime que l’Union africaine aurait davantage intérêt à rapprocher ces initiatives qu’à créer une nouvelle plateforme de médiation. Elle pourrait aussi renforcer le principe selon lequel le soutien transfrontalier aux groupes armés est incompatible avec la bonne entente entre États voisins.

Le rapport élargit l’analyse au terrorisme. Au Sahel, dans le bassin du lac Tchad, dans la Corne de l’Afrique et dans les Grands Lacs, les groupes armés profitent des failles de la coopération régionale. Le renforcement du contrôle des frontières, du partage du renseignement et des opérations coordonnées apparaît ainsi comme un prolongement concret du principe de bon voisinage.

L’ASA s’intéresse également aux causes profondes de l’insécurité : faiblesse de la gouvernance, changements anticonstitutionnels et économies clandestines liées aux armes, aux minerais et aux trafics. Mais ces questions sont politiquement sensibles, car elles peuvent mettre en cause les intérêts de certains acteurs étatiques et économiques du continent.

Pour l’ASA, le sommet du 23 septembre ne devrait donc pas se limiter à une nouvelle déclaration de principes. Son intérêt dépendra de sa capacité à produire des mécanismes concrets de coopération, à rapprocher les médiations sur la RDC et le Rwanda et à mieux lutter contre les réseaux qui alimentent les conflits au-delà des frontières.

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