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Le djihadisme, une menace qui s’est mondialisée
Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, le djihadisme n’a pas disparu : il s’est déplacé, fragmenté et profondément mondialisé, avec l’Afrique désormais au cœur de la menace
 

(AfriquesPlus) - Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, le djihadisme reste une menace mondiale malgré les nombreuses victoires militaires remportées contre ses principales organisations. Dans une analyse publiée le 11 septembre 2026 par Le Grand Continent, Asiem El Difraoui revient sur l’évolution de cette mouvance et estime que la lutte menée depuis 2001 n’a pas permis d’en éliminer durablement les causes ni les capacités de régénération.

L’auteur rappelle que la mort d’Oussama Ben Laden en 2011, la destruction du califat de l’État islamique en 2019 et le recul des attentats en Europe ont constitué d’importants succès. Mais ils n’ont pas empêché la multiplication de groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Pour Asiem El Difraoui, il faut surtout distinguer une organisation particulière du djihadisme, qui constitue un phénomène idéologique beaucoup plus large et capable de se recomposer après la disparition de ses dirigeants ou la perte de ses territoires.

L’analyse revient notamment sur les conséquences des interventions américaines en Afghanistan et en Irak. La chute rapide des talibans en 2001 n’a pas été suivie d’une stratégie politique suffisamment durable, tandis que l’invasion de l’Irak en 2003 et la désorganisation de l’État ont contribué à créer un environnement favorable à l’insurrection puis à l’essor de l’État islamique. La guerre en Syrie, après les printemps arabes, a ensuite offert à cette organisation un nouveau terrain d’expansion. Son recul territorial n’a toutefois pas entraîné sa disparition.

L’Afrique occupe désormais une place centrale dans cette géographie de la violence. Le Sahel concentre une grande partie des victimes, avec notamment le JNIM, affilié à Al-Qaïda, tandis qu’Al-Shabaab reste actif en Somalie et que Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest opèrent autour du lac Tchad. Le phénomène s’étend également au Mozambique et vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Selon les données citées dans l’article, quinze pays africains ont connu des violences liées à des groupes islamistes militants au cours des douze derniers mois, faisant près de 24 000 morts.

Pour l’auteur, ces évolutions montrent surtout les limites d’une stratégie reposant principalement sur la force militaire. Les opérations peuvent affaiblir une organisation, mais elles ne suffisent pas à faire disparaître une idéologie. La lutte contre le djihadisme doit donc aussi passer par des États plus solides, le développement économique, l’éducation, l’État de droit et une meilleure intégration politique des populations. L’enjeu n’est plus de croire à une disparition définitive du phénomène, mais de réduire durablement sa capacité à recruter, se réorganiser et s’étendre.

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