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BRICS, un bloc en expansion confronté à ses divisions internes
Le BRICS s’est élargi depuis sa création, renforçant son poids démographique et économique. Mais l’élargissement du groupe complique aussi la recherche de positions communes entre des pays aux intérêts et aux orientations géopolitiques parfois divergents.
 

(AfriquesPlus) - Le BRICS, qui réunit désormais dix pays émergents, s’est imposé comme l’un des principaux cadres de coopération en dehors des institutions dominées par les puissances occidentales. Mais son expansion rapide s’accompagne de profondes divergences entre ses membres, qui compliquent la construction d’une position commune sur les grands dossiers internationaux.

Dans un article explicatif publié le 12 septembre 2026, Reuters revient sur l’évolution du groupe à l’occasion de son sommet annuel organisé à New Delhi, en Inde. L’agence rappelle que l’acronyme BRIC avait été créé en 2001 par l’économiste en chef de Goldman Sachs, Jim O’Neill, pour désigner le potentiel de croissance du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine.

Les quatre pays se sont constitués en groupe en 2009, avant d’être rejoints par l’Afrique du Sud en 2011. Le bloc s’est ensuite considérablement élargi avec l’entrée de l’Égypte, de l’Éthiopie, de l’Iran et des Émirats arabes unis en 2024, puis de l’Indonésie en 2025. L’Arabie saoudite a également été invitée à rejoindre le groupe, sans avoir formellement accepté cette invitation.

Avec cette expansion, les membres du BRICS représentent aujourd’hui plus de 40 % de la population mondiale et près d’un quart de l’économie mondiale, selon Reuters. Le groupe entend notamment renforcer la coopération politique, sécuritaire, économique et financière entre ses membres.

La création de la Nouvelle Banque de développement constitue l’une de ses principales réalisations. Fondée en 2015 pour financer des projets d’infrastructures et de développement durable dans les économies émergentes, elle a approuvé 139 projets pour un montant de près de 43 milliards de dollars, selon les données citées par Reuters.

Le groupe cherche également à réduire sa dépendance aux circuits financiers dominés par le dollar. Les membres travaillent notamment à la mise en place d’un système de paiements BRICS permettant de relier leurs systèmes de paiement rapide et facilitant les règlements transfrontaliers sans passer systématiquement par les banques utilisant le dollar.

Cette ambition se heurte toutefois aux divergences entre les membres. La Russie et la Chine considèrent davantage le BRICS comme un contrepoids à l’Occident, tandis que l’Inde et le Brésil défendent une approche davantage centrée sur les questions économiques et la réforme de la gouvernance mondiale.

L’élargissement du groupe a encore complexifié la recherche du consensus. Les positions de certains nouveaux membres sur les questions internationales sont parfois difficiles à concilier. Reuters souligne notamment les divergences entre l’Iran et les Émirats arabes unis, qui se retrouvent de part et d’autre des tensions au Moyen-Orient.

Ces désaccords avaient déjà empêché les ministres des Affaires étrangères du BRICS de publier une déclaration commune lors de leur réunion à New Delhi en mai. Le sommet des dirigeants constitue donc un test important pour la capacité du groupe à maintenir une ligne commune malgré la diversité croissante de ses membres.

Le BRICS reste par ailleurs observé avec prudence par les puissances occidentales. Le groupe est perçu comme un cadre susceptible de modifier progressivement les équilibres géopolitiques et financiers mondiaux, notamment à travers ses efforts pour développer des alternatives aux mécanismes dominés par le dollar.

Le président américain Donald Trump s’est particulièrement opposé à cette orientation. Il a qualifié le BRICS de groupe « anti-américain » et menacé ses membres de droits de douane s’ils cherchaient à créer une monnaie commune ou à soutenir une devise destinée à remplacer le dollar. L’idée d’une monnaie BRICS commune, évoquée par le Brésil lors de sa présidence du groupe en 2025, a depuis été abandonnée.

Pour Reuters, le principal défi du BRICS est désormais de transformer son poids croissant en capacité d’action collective. Son expansion lui donne davantage de poids dans les débats sur la gouvernance mondiale, mais la diversité des intérêts de ses membres pourrait également limiter sa capacité à parler d’une seule voix.

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