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CPI : Mame Mandiaye Niang défend l’idéal de justice internationale face aux pressions américaines
Procureur adjoint de la Cour pénale internationale et actuellement procureur par intérim, Mame Mandiaye Niang affirme sa détermination à préserver l’indépendance de la juridiction internationale, malgré les fortes pressions exercées par les États-Unis
 

(AfriquesPlus) - Procureur adjoint de la Cour pénale internationale et actuellement procureur par intérim, le magistrat sénégalais Mame Mandiaye Niang affirme sa détermination à préserver l’indépendance de la juridiction internationale, malgré les fortes pressions exercées par les États-Unis. Dans un entretien accordé à RFI depuis La Haye, il estime que la CPI traverse une période particulièrement difficile, mais refuse de considérer son existence comme menacée.

La Cour pénale internationale (CPI) traverse une période de fortes turbulences. Au cœur de cette tempête institutionnelle et diplomatique se trouve un magistrat sénégalais : Mame Mandiaye Niang, qui assure provisoirement les fonctions de procureur de la juridiction depuis le départ forcé de Karim Khan.

Dans un entretien accordé à RFI, le magistrat revient sur les pressions auxquelles est confrontée la Cour, notamment de la part des États-Unis, qui contestent avec virulence certaines de ses procédures visant des dirigeants israéliens.

 « Nous sommes dans la tempête »

Mame Mandiaye Niang ne minimise pas la gravité de la situation. Pour lui, la CPI traverse une véritable épreuve qui doit permettre de mesurer sa capacité à résister aux pressions politiques.

« Nous sommes dans la tempête et c’est un test de résilience », confie le magistrat sénégalais à RFI.

La pression exercée sur la juridiction internationale intervient dans un contexte de fortes tensions autour de son action. Les autorités américaines reprochent notamment à la CPI d’avoir engagé des procédures contre des responsables de l’État israélien, considérant que la Cour outrepasse ses compétences.

Pour le procureur par intérim, ces contestations ne doivent toutefois pas conduire la juridiction à renoncer à sa mission fondamentale : poursuivre les auteurs présumés des crimes les plus graves relevant de sa compétence, indépendamment de leur nationalité ou de leur statut.

 Défendre l’indépendance de la CPI

Pour Mame Mandiaye Niang, l'enjeu dépasse les procédures en cours. Il s'agit également de préserver le principe même d'une justice internationale indépendante, capable d'agir lorsque les crimes les plus graves sont commis.

Le magistrat sénégalais considère ainsi que la CPI représente un idéal qui ne peut être balayé par les rapports de force internationaux.

« La CPI représente un idéal de justice internationale qu’on ne peut pas effacer », affirme-t-il.

Cette position intervient alors que la juridiction fait face à des critiques venant de plusieurs puissances et à des difficultés politiques et diplomatiques qui mettent à l'épreuve son fonctionnement.

 Un magistrat sénégalais à la tête du parquet

La situation donne également une dimension particulière au parcours de Mame Mandiaye Niang. Magistrat sénégalais, il occupe une position centrale au sein d'une institution judiciaire internationale dont les décisions peuvent avoir des conséquences majeures sur la scène mondiale.

Depuis le départ de Karim Khan, il assure l'intérim à la tête du parquet de la CPI et doit, dans ce contexte particulièrement sensible, défendre l'indépendance de l'institution tout en assurant la continuité de ses travaux.

Son discours se veut donc à la fois lucide sur les difficultés rencontrées et ferme sur la nécessité de préserver la mission de la Cour.

 Une épreuve pour la justice internationale

La crise actuelle pose finalement une question plus large : la justice internationale peut-elle fonctionner efficacement lorsqu'elle s'attaque à des responsables bénéficiant du soutien de puissances politiques et militaires majeures ?

Pour Mame Mandiaye Niang, la réponse passe par la résistance aux pressions et par la fidélité aux principes fondateurs de la Cour.

Alors que les critiques se multiplient et que les rapports de force diplomatiques s'intensifient, le procureur par intérim estime que la CPI doit continuer à exercer son mandat. Pour lui, la période actuelle constitue précisément l'une des plus grandes épreuves de crédibilité de la justice pénale internationale.

À La Haye, le magistrat sénégalais assume ainsi une responsabilité particulièrement lourde : maintenir le cap de la justice internationale au moment où l'institution est confrontée à l'une des plus fortes tempêtes politiques de son histoire récente.

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