(AfriquePlus) - Quelques mois seulement après son accession à la présidence de la FIFA en février 2016, Gianni Infantino a fait l'objet d'une enquête interne confidentielle portant sur de sérieux manquements aux règles de gouvernance. Selon une enquête menée par le journaliste Sam Wallace et publiée le 30 août 2026 dans The Daily Telegraph (Telegraph Sport), le dirigeant italo-suisse avait été visé par sept chefs d'accusation devant la commission d'éthique, avant d'être totalement blanchi par l'instructrice en chef Vanessa Allard.
D'après les documents consultés par le quotidien britannique, quatre des chefs d'accusation portaient exclusivement sur l'usage répété d'avions privés mis à disposition par des gouvernements étrangers et des partenaires commerciaux. Dès avril 2016, les réservations de vols commerciaux de Gianni Infantino avaient été annulées au profit d'appareils affrétés par les autorités russes, puis par une filiale du géant gazier Gazprom pour relier Moscou à Doha, avant que le Qatar ne fournisse à son tour un jet pour son retour en Suisse.
Le rapport de la commission d'éthique a également examiné un déplacement au Vatican effectué en compagnie de son épouse et de sa mère à bord d'un vol privé appartenant à un homme d'affaires russe. Bien que Gianni Infantino ait affirmé aux enquêteurs que cette visite auprès du pape François revêtait un caractère « purement privé », l'enquêtrice Vanessa Allard a relevé qu'en mêlant missions officielles et convenances personnelles, le président pouvait « être considéré comme n’ayant pas agi avec une totale intégrité ».
L'investigation de Telegraph Sport détaille en outre le bras de fer financier qui a opposé le patron de la FIFA aux organes de contrôle de l'instance dès sa prise de fonction. Gianni Infantino a catégoriquement rejeté la proposition initiale de salaire annuel de deux millions de francs suisses formulée par Domenico Scala, alors président de la commission d'audit et de conformité, déclarant plus tard devant le Conseil de la FIFA : « Je n'ai pas accepté cette proposition. C’était une proposition que j’ai trouvée insultante. »
Parallèlement, le dirigeant a contourné les circuits habituels des ressources humaines pour installer son premier cercle de collaborateurs, dont l'actuel secrétaire général Mattias Grafström, en leur octroyant des salaires qualifiés de « supérieurs à ce qui était habituellement payé ». Si la commission d'éthique a finalement estimé qu'il s'agissait d'un simple défaut de conformité administrative imputable aux services internes, ce dénouement a consolidé l'emprise de Gianni Infantino sur l'institution et provoqué la démission ou le départ de plusieurs hauts cadres de l'organisation.