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Quand apprendre à nager devient aussi une question d’égalité
Une initiative destinée à encourager la pratique de la natation chez les enfants noirs a finalement tourné à la polémique en Allemagne
 

(AfriquesPlus) - Une initiative destinée à encourager la pratique de la natation chez les enfants noirs a finalement tourné à la polémique en Allemagne. Dans un article publié le 24 août 2026 par The Guardian, la journaliste Ashifa Kassam revient sur l’annulation d’une après-midi de baignade réservée à des enfants noirs et à leurs familles dans une piscine en plein air de Berlin.

L’événement, organisé à l’initiative du théâtre Volksbühne, devait offrir un cadre particulier à des familles souvent éloignées de la pratique de la natation. Mais le projet a été vivement attaqué par des responsables conservateurs et d’extrême droite, certains allant jusqu’à le qualifier de ségrégation. Face à la polémique, ainsi qu’à des messages racistes et des menaces, les organisateurs ont renoncé.

Pour The Guardian, cet épisode s’inscrit dans une histoire beaucoup plus ancienne. En Europe comme aux États-Unis, les piscines ont régulièrement été le théâtre de discriminations raciales. Longtemps soumises à une ségrégation ouverte aux États-Unis, elles restent aujourd’hui des lieux où les inégalités d’accès et les préjugés continuent de se manifester. Des affaires similaires ont concerné ces dernières années des personnes noires, des enfants roms ou des demandeurs d’asile dans plusieurs pays européens.

Cette exclusion a aussi des conséquences concrètes sur la maîtrise de la natation. Aux États-Unis, le risque de noyade mortelle est trois fois plus élevé chez les enfants noirs et afro-américains que chez les enfants blancs. En Angleterre, les enfants issus des minorités ethniques sont 3,5 fois plus exposés à ce risque, tandis qu’une grande majorité des adultes et enfants noirs ne savent pas nager.

Au Royaume-Uni, des initiatives comme Unity Swimming tentent de combler ce retard en proposant des cours adaptés aux communautés noires et asiatiques. Sa fondatrice, Katrice Rodrigues, défend ces programmes comme des outils d’inclusion, destinés à lever des barrières culturelles, sociales et psychologiques : peur de l’eau, sentiment de ne pas être à sa place, contraintes vestimentaires ou encore préjugés persistants.

À travers la controverse berlinoise, l’article pose ainsi une question centrale : comment rendre un espace réellement accessible à tous lorsque certaines populations en ont été, historiquement et socialement, tenues à distance ? Derrière le débat sur une simple journée à la piscine se joue, selon les acteurs engagés sur le terrain, une bataille contre des inégalités dont les conséquences peuvent aller jusqu’à mettre des vies en danger.

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