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L’Union africaine face à ses responsabilités dans une Afrique gagnée par les conflits
Alors que les guerres et les crises sécuritaires se multiplient sur le continent, l’UA risque de voir son rôle dans la résolution des conflits continuer à s’effacer au profit d’acteurs extérieurs. C’est l’alerte lancée par Solomon Ayele Dersso
 

(AfriquesPlus) - Alors que les guerres et les crises sécuritaires se multiplient sur le continent, l’Union africaine risque de voir son rôle dans la résolution des conflits continuer à s’effacer au profit d’acteurs extérieurs. C’est l’alerte lancée par Solomon Ayele Dersso, fondateur et directeur d’Amani Africa, dans une analyse publiée le 30 août 2026 à l’occasion du sommet extraordinaire de l’UA consacré à la prévention et à la résolution des conflits, organisé à Luanda, en Angola.

Pour le chercheur, l’ampleur des crises actuelles interdit désormais à l’organisation panafricaine de fonctionner selon les mécanismes habituels. Conflits armés persistants, groupes jihadistes, changements anticonstitutionnels de gouvernement, rivalités géopolitiques et crises humanitaires se combinent pour créer une situation qui exige, selon lui, une mobilisation comparable à celle mise en place par les États africains lors de la pandémie de Covid-19.

Dersso préconise la création, sous l’autorité directe du président de la Commission de l’Union africaine, d’une cellule d’urgence dédiée aux principaux foyers de conflit, notamment au Soudan, au Sahel, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud. Cette structure devrait coordonner des stratégies politiques et diplomatiques adaptées à chaque crise et permettre à l’UA de mobiliser plus efficacement ses États membres ainsi que les acteurs régionaux et internationaux.

L’auteur estime que l’Union africaine a progressivement perdu sa capacité d’initiative. Dans plusieurs crises majeures, elle n’est pas parvenue à prendre suffisamment tôt le leadership diplomatique, à élaborer une stratégie politique claire ou à obtenir un consensus entre ses membres. Cette faiblesse a ouvert la voie à une intervention croissante de puissances et d’organisations extérieures dans des dossiers où l’UA devrait, selon lui, jouer un rôle central.

Cette situation est aggravée par la dégradation de l’ordre international. L’affaiblissement du multilatéralisme, la montée des tensions entre puissances et le recours de plus en plus fréquent à la force fragilisent davantage les mécanismes de prévention des conflits. Pour Dersso, l’Afrique ne peut donc plus compter sur un environnement international suffisamment stable pour compenser ses propres faiblesses institutionnelles.

L’auteur invite finalement les dirigeants réunis à Luanda à transformer l’architecture africaine de paix et de sécurité en véritable instrument d’action. Il met en garde contre le risque de multiplier les réunions, consultations et mécanismes sans conséquences concrètes alors que les populations continuent de subir les guerres. Pour lui, le sommet doit permettre à l’Union africaine de reprendre l’initiative, assumer sa responsabilité collective et agir avec l’urgence qu’impose la situation sécuritaire du continent.

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