Skip to main content
Chez Dangote, la succession se joue déjà
Diriger un groupe pesant plusieurs dizaines de milliards de dollars ne suffit pas à faire taire les doutes. Dans leur première interview commune, les héritières du magnat nigérian racontent une légitimité à conquérir, y compris auprès de leur propre père
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=vBirEOfVl4k

(AfriquePlus) - Halima, Mariya et Fatima Dangote, filles du milliardaire nigérian Aliko Dangote, ont accordé leur toute première interview télévisée conjointe à la chaîne Bloomberg, dans le cadre de l'émission Next Africa animée par Jennifer Zabasajja à Johannesburg. L'entretien, diffusé début septembre, dévoile l'ampleur des responsabilités désormais confiées aux trois sœurs à la tête du conglomérat fondé par leur père dans les années 1970, devenu l'un des groupes les plus diversifiés d'Afrique, du ciment au raffinage pétrolier en passant par les engrais et les services financiers.

Selon les informations relayées par l'agence Ecofin Agency en février 2026, Aliko Dangote, 68 ans, avait officiellement élargi les mandats de ses trois filles dans le cadre d'un plan visant à porter la valeur du groupe à 100 milliards de dollars d'ici quatre ans. Mariya, l'aînée, siège désormais au conseil d'administration de Dangote Cement, dont la production annuelle avoisine 55 millions de tonnes, avec un objectif de 80 millions de tonnes à l'horizon 2030. Fatima supervise pour sa part les activités commerciales de la raffinerie et des engrais, quand Halima pilote la transition vers la stratégie globale du groupe, ainsi que le nouveau family office attendu dès le premier trimestre 2027.

Face aux critiques suggérant que leurs postes relèveraient du simple héritage, les trois femmes revendiquent une légitimité acquise sur le terrain. L'une d'elles confie ainsi devoir « prouver son âge, sa valeur » dans un environnement où leur statut de femmes, de musulmanes originaires du nord du Nigeria et de filles du fondateur se cumule, selon leurs propres mots rapportés par Bloomberg.

Au-delà de la gouvernance familiale, l'entretien met en lumière l'introduction en bourse à venir de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals, présentée par les héritières comme un « trésor pour l'Afrique » plutôt qu'une simple opération financière. D'après plusieurs informations publiées par Bloomberg au cours de l'été 2026, l'opération pourrait valoriser la raffinerie autour de 40 milliards de dollars et lever jusqu'à 2 milliards de dollars, ce qui en ferait l'une des plus importantes cotations jamais réalisées sur le continent. Le groupe a par ailleurs sécurisé cet été un placement privé de 2,5 milliards de dollars, ainsi qu'un engagement de souscription de 400 millions de dollars annoncé mi-août, en amont du lancement officiel de l'offre.

Interrogés par la chaîne, plusieurs investisseurs, dont Johannes Loefstrand de T. Rowe Price et Yvonne Ike de Bank of America, estiment que cette opération pourrait jouer un rôle structurant pour l'approfondissement des marchés de capitaux nigérians, à condition qu'une liquidité suffisante soit mise sur le marché et que la valorisation reste attractive pour les investisseurs. Ike souligne de son côté que l'Afrique subsaharienne a déjà enregistré plus de 20 milliards de dollars d'émissions obligataires depuis le début de l'année, un niveau qu'elle qualifie d'inédit et qu'elle attribue à une gestion macroéconomique jugée plus rigoureuse par les marchés.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
765
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3