Skip to main content
L'or du Darfour alimente les réseaux de financement de la guerre au Soudan
De nombreux sites aurifères du Darfour sont désormais placés sous le contrôle des RSF et transformés en zones d’extraction et de traitement fortement sécurisées
 

(AfriquesPlus) - L’exploitation clandestine de l’or est devenue l’un des rouages de l’économie de guerre au Darfour, en permettant à des réseaux liés aux Forces de soutien rapide (RSF) de faire sortir le métal précieux du Soudan par les frontières avec le Tchad et la République centrafricaine. C’est ce que révèle une enquête publiée le 1er septembre 2026 par Sudan Tribune, dont l’auteur n’est pas indiqué.

Selon l’enquête, de nombreux sites aurifères du Darfour sont désormais placés sous le contrôle des RSF et transformés en zones d’extraction et de traitement fortement sécurisées. Parmi les principaux centres figurent Jebel Amer, dans le Nord-Darfour, ainsi que Songo, Radom et Um Dukhun dans le sud et l’ouest de la région. Le groupe Al-Junaid, lié à la famille du chef des RSF, Mohamed Hamdan Dagalo, est présenté comme ayant joué un rôle important dans l’exploitation de plusieurs de ces sites.

Sudan Tribune décrit également des liens anciens entre les RSF et le réseau russe de Wagner, dont les activités auraient ensuite été prolongées sous des structures commerciales. L’arrangement aurait reposé sur un échange : sécurisation et exploitation des mines d’un côté, soutien logistique, expertise technique, armes et équipements militaires de l’autre.

L’or est ensuite acheminé clandestinement par plusieurs itinéraires. Le principal passe par Um Dafuq, au Darfour, puis Birao, en République centrafricaine, avant de rejoindre Bangui. Une autre route traverse le Tchad, notamment via N’Djamena et l’Ennedi. Des convois de véhicules tout-terrain escortés par des combattants armés transporteraient le métal à travers les pistes désertiques afin d’échapper aux contrôles officiels.

L’ampleur du trafic est considérable. Des transporteurs interrogés par le journal estiment que 12 à 18 tonnes d’or transiteraient chaque année par le seul corridor Um Dafuq-Birao, tandis que des observateurs du secteur évaluent entre 35 et 45 tonnes les quantités sorties clandestinement du Darfour chaque année.

L’enquête décrit enfin un système de blanchiment permettant de réintroduire cet or dans les circuits légaux. Une fois arrivé en République centrafricaine, le métal pourrait être accompagné de documents falsifiés lui attribuant une origine centrafricaine avant d’être exporté. Une grande partie des cargaisons prendrait ensuite la direction des Émirats arabes unis, notamment du marché de l’or de Dubaï. Certaines seraient également acheminées vers la Russie.

Pour Sudan Tribune, ce commerce clandestin ne constitue donc pas seulement une activité économique parallèle : il contribue directement à maintenir les circuits financiers, logistiques et militaires qui permettent à la guerre soudanaise de se prolonger. Le contrôle des ressources aurifères apparaît ainsi comme un enjeu central du conflit au Darfour, où les frontières poreuses et l’absence d’autorité étatique facilitent le développement de réseaux transnationaux.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
816
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3